Bretagne. Les douanes à l’épreuve du Brexit

« Le Brexit peut aussi être une chance pour la Bretagne ». Jean-Yves Le Drian a un peu forcé le trait, cette semaine, lors de sa visite dans des ports finistériens, pour apporter un peu d’optimisme sur une question qui inquiète lourdement les Bretons. C’est via les relations renforcées avec l’Irlande, proche voisin qui jouera un rôle pivot dans l’après-Brexit, que le ministre des Affaires étrangères voit de nouvelles opportunités pour la Bretagne.

Mais globalement, c’est bien l’inquiétude qui domine dans les milieux régionaux, notamment dans les secteurs de la pêche, des transports et des nombreuses PME (surtout agroalimentaires) qui exportent vers le Royaume-Uni. L’appréhension est aussi manifeste dans les ports qui assurent du transport de fret et de passagers puisque des postes frontières devraient à nouveau être institués, sauf bien sûr en cas de renoncement improbable de la Grande-Bretagne au Brexit. Ce n’est pas ce qui se dessine malgré l’extrême confusion qui règne outre-Manche.

Lors de son passage à Roscoff, l’ex-président de la Région Bretagne s’est dit favorable à la création, par l’Union europénne, d’un fonds spécial pour apporter un soutien aux régions touchées par le Brexit. Et il a considéré que les aménagements réalisés pour faciliter l’activité des douaniers sont à la mesure des défis qui s’annoncent.

Mais la réponse n’a pas tardé. Comme dans de nombreux aéroports, les services des douanes de Roscoff ont entamé une série de contrôles plus poussés sur les véhicules en cours d’embarquement. Tout en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une grève du zèle (c’était en tout cas bien imité…) ils n’ont pas tardé à démontrer qu’un Brexit allait poser des problèmes dépassant le volume des effectifs des douanes. Ce jour-là, le retard d’un bateau de près d’une heure, sous le simple effet de ces contrôles de base, laisse effectivement augurer de gros problèmes. Car si avant l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’Union européenne, les douaniers tenaient les horaires, ils étaient bien plus nombreux qu’aujourd’hui. Et il faudra aussi sans doute le retour de la Police et des Frontières, comme le souhaite Jean-Marc Roué, le patron de Brittany Ferries.

La petite démonstration faite par les douanes à Roscoff, après le passage de Jean-Yves Le Drian, laisse supposer ce qui arrivera, outre-Manche, en cas de Brexit désordonné. C’est tout le sud des îles britanniques qui pourrait se retrouver bloqué le jour où les douanes locales devront lancer des contrôles poussés dans un contexte où l’impréparation actuelle laisse supposer des improvisations futures.

René Perez
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