dauphin

Bretagne. D’où vient le mercure qui affecte les grands dauphins ?

Dans notre région, les grands dauphins sont au bout de la chaîne alimentaire. Et à ce titre, ils mangent des poissons qui eux mêmes ont mangé des poissons qui eux-mêmes… Et à l’arrivée, ce sont ces grands dauphins qui concentrent des taux de mercure élevés, s’accumulant au fil des différents maillons de la chaîne. Ce constat, c’est le Groupe d’études des cétacés qui le fait en suivant l’observation des grands dauphins du Cotentin et de Bretagne dont la population est surtout concentrée entre la Baie de Seine et la Baie de Saint-Brieuc.:

Selon eux, mais sans fournir de chiffres précis, ces animaux sont intoxiqués par des taux de mercure élevés dont ils affectent la responsabilité à l’activité humaine pour les deux tiers. La présomption de culpabilité est certes légitime mais elle est très difficilement quantifiable tant le mercure, qui était déjà connu dans l’Antiquité, se niche un peu partout.

Des chercheurs d’or aux éruption volcaniques

A proximité d’embouchures de rivières ou de fleuves, on a pu relever des taux anormaux de mercure dans l’eau et il n’est généralement pas très compliqué de remonter à la source et de constater que c’est une industrie polluante qui est responsable. Ailleurs, comme en Guyane ou au Sénégal, c’est le mercure utilisé par les chercheurs d’or qui affecte les eaux. Il est utilisé comme liant car il a la particularité de fixer même les plus petites particules d’or. Comme le mercure est très volatil, il suffit ensuite de chauffer le mélange pour qu’il s’évapore, ne laissant plus que l’or. Mais il finit toujours par retomber et comme il est soluble dans l’eau…

Hormis ces cas extrêmes, véritables marqueurs de pollution, le mercure est également produit par les centrales à charbon, les incinérateurs à déchets ou les composants de certains pesticides, par les piles au mercure… Sa prolifération par l’activité humaine est déjà ancienne puisque le chauffage individuel au charbon en produit aussi, depuis près de deux siècles.

Mais la nature elle-même produit du mercure. L’érosion des roches en libère en permanence. De même l’activité volcanique et on peut penser que l’éruption du fameux volcan islandais Eyjafjallajökull en 2010 en a dispersé une bonne quantité des eaux de l’Europe du nord. Le réchauffement climatique libèrerait lui aussi du mercure, enfermé dans le sol.

Alors comment déterminer l’origine ? Pas simple. Mais le Groupe d’études des cétacés n’est sans doute pas loin de la vérité quand il estime aux deux tiers la responsabilité de l’activité humaine.
Et même si aucune mortalité particulière chez ces mammifères n’a été signalée, on connait depuis longtemps la toxicité du mercure. Chez les Grecs, on s’en servait même pour se suicider !

Pierre Vincent
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