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Bretagne. Des devantures plus vraies que nature

On se croirait devant une épicerie ou un magasin de vêtements. Mais en s’approchant de plus près, il n’y a plus de doute : c’est une fausse vitrine qui a remplacé la boutique désormais fermée. A Guingamp, à Guémené-sur-Scorff, Le Faouët et ailleurs, elles ont commencé à fleurir ces devantures plus vraies que nature. Car une boutique qui a baissé son rideau, c’est triste. Mais s’il y en a plusieurs en enfilade, c’est désastreux pour l’image de la commune et peu engageant pour un éventuel candidat à une installation.

Alors, des municipalités et unions commerciales optent pour ces faux-nez dans leur centre-ville, cache-misère d’un commerce de détail qui n’a jamais connu période aussi noire. Surtout en Bretagne, l’une des régions de France à la plus forte densité de grandes surfaces et celle qui compte la plus forte communauté d’internautes, forcément appâtés par le commerce en ligne. Comment le commerce de détail pourrait-il résister à ceux double concurrence en forme de rouleau compresseur ?

Des impôts locaux en moins

Les petits centre-villes ne sont d’ailleurs pas les seuls à souffrir de désaffection commerciale. Saint-Brieuc est, en Bretagne, la grande ville la plus affectée par le phénomène et ce n’est sans doute pas tout à fait par hasard si son centre vit un peu à l’ombre de la zone commerciale de Langueux, longtemps considérée comme l’une des plus grandes de France. Du reste, elle abrite le plus grand magasin de bricolage de province.

Dans ce contexte, unions commerciales et municipalités essaient de résister. Les unes pour préserver ce qui subsiste et attirer des candidats, les autres pour éviter que leurs centres-villes ne soient plus occupées que par des banques, des magasins de téléphonie et des agences immobilières. Sans compter les pertes fiscales. Tous ces commerces qui ferment, ce sont des impôts locaux en moins et des friches commerciales qu’il faut masquer avec ces fausses vitrines ou d’autres artifices moins sophistiqués.

Mais ces faux-nez ne sont pas donnés. En moyenne, il faut compter environ 50€ de M2 de trompe-l’oeil autocollant. Certains propriétaires de ces locaux acceptent la dépense pour une raison simple : une devanture vide et parfois sinistre n’attirera pas un éventuel repreneur. La fausse vitrine aguichera plus facilement en montrant les potentialités de la boutique.
Au train où vont les choses, il est probable que ces devantures ont un bel avenir devant elles.

Pierre Vincent
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