Bretagne. Comment stopper l’avancée des déserts médicaux ?

Ca ne s’arrange pas ! Les derniers chiffres que vient de communiquer l’Agence régionale de santé (ARS) prouvent qu’en Bretagne aussi, les déserts avancent. Les déserts médicaux, bien sûr, ces territoires où la densité de médecins est au dessous, et même parfois très au dessous, des moyennes nationales. Selon l’ARS, 42 % de la Bretagne se trouve aujourd’hui en zone de tension médicale, particulièrement dans le Centre-Bretagne et les Côtes-d’Armor, le département le plus rural. Ce n’est toutefois pas une particularité bretonne et des départements d’autres régions (Indre, Yonne… ) souffrent encore plus de cette situation qui affecte bien plus le nord que le sud de la France. On ne peut pas empêcher un médecin généraliste de s’installer où il veut et l’attrait du soleil reste un élément déterminant.

Mais on peut au moins l’inciter à opter pour les territoires en sous-effectif médical et un arsenal de mesures commence à se mettre en œuvre. D’abord l’incitation financière, telle cette prime de 50.000 euros attribuée par la Sécu, en contrepartie d’une installation pendant au moins cinq ans dans une zone en tension médicale. On jugera à la longue mais à ce jour, cette incitation ne semble pas déterminante. Il faut qu’elle soit aussi accompagnée d’un environnement médical favorable, au premier rang desquels figure la maison de santé pluridisciplinaire, ce regroupement dans un même lieu de médecins généralistes et spécialistes, d’infirmières libérales et autres… Ils permettent de mutualiser les dépenses et de créer un secrétariat commun, allégeant ainsi la tâche des uns et des autres. C’est une formule qui séduit les professionnels de santé dans les zones rurales mais également certaines zones urbaines, elle aussi parfois sous tension.

La médecine à distance

Le recours à la télémédecine est appelé lui aussi à s’étendre, entre autres pour les pensionnaires des maisons de retraite. On éviterait bien des hospitalisations inutiles avec des consultations à distance dans les EPHAD (établissements pour personnes âgées) et c’est forcément une des grandes voies d’avenir. De même la possibilité pour des médecins hospitaliers de faire des consultations avancées, autrement dit de quitter l’hôpital certains jours pour aller à la rencontre des patients, dans un désert médical. Ou encore, le recours au cumul emploi-retraite qui s’est nettement développé ces dernières années, certains médecins retraités reprenant du service dans ces zones en tension, avec la bénédiction des pouvoirs publics qui ont relevé le seuil des honoraires pouvant être perçues par un médecin retraité.

Mais en Bretagne, les zones littorales où la densité médicale est plus élevée qu’à l’intérieur des terres, peuvent se trouver elles aussi en zones soudainement déficitaires. Il s’agit bien sûr des périodes d’été où la population augmente brutalement. L’une des pistes, c’est d’autoriser des internes des hôpitaux à aller prêter main forte, en haut saison, dans les zones touristiques. A condition bien sûr que les effectifs des hôpitaux ne se mettent pas, eux aussi, à partir en vrille.

René Perez
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