Phare la Jument

Phare la Jument

Bretagne. Des phares en mer monuments historiques

Sur l’ilot-phare de Tévennec où il séjourne pendant deux mois, Marc Pointud a dû être heureux d’appendre la nouvelle. Président national de la Société des phares et balises qui s’investit dans la protection de ces vestiges, il a apprécié la nouvelle étape de classement de phares en monuments historiques dont une nouvelle liste vient d’être officialisée par le ministère. Et elle comporte une innovation majeure : cette fois, ce sont des phares de haute mer qui ont été classés alors que la dizaine figurant dans la première liste de 2010 ne comportait que des phares visitables, donc situés à terre.

Kéréon, Ar-Men, La Jument,  Le Four…

En 2010, sous l’impulsion de Frédéric Mitterrand, alors ministre de la culture, les phares entraient enfin dans le sanctuaire des monuments classés. Si on excepte celui de Cordouan (Gironde), majustueux bâtiment classé dès 1862, les phares restaient à la porte du patrimoine national, au grand dam de ceux qui luttaient pour leur sauvegarde. Et comme dans ce domaine, on n’avance qu’à pas comptés, le premier classement de 2010 ne faisait entrer que des phares visitables, accueillant donc du public et qui n’avaient pas à faire face aux outrages de flots déchaînés. Les dix premiers phares ainsi classés étaient bien sûr majoritairement situés dans le Finistère avec l’Ile Vierge, le Stiff, Saint-Mathieu, Créac’h, Pontusval et Eckmühl ainsi que Héaux de Bréhat et Cap-Fréhel (22) Belle-Ile (56) et Grand Jardin (35).

La seconde liste qui vient d’être publiée et n’attend plus que la signature de la ministre, prend cette fois véritablement le large puisqu’elle contient les noms mythiques de Kéréon, Ar-Men, Pierres-Noires, La Jument, Le Four, Nividic et Batz (29), Triagoz et Roches-Douvres (22). Des noms qui claquent au vent ! Cinq autres phares font l’objet d’une inscription au monuments historiques, stade inférieur au classement : Tévennec, La Vieille, Ile de Sein, Penfret aux Glénan et Pen-Men à Groix.

Dans l’Enfer d’Iroise

Si pour l’ensemble de ces phares, le ministère de la Culture et la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) travaillent main dans la main, en Mer d’Iroise, le parc marin du même nom est également  associé puisque c’est dans son périmètre, celui de « l’Enfer » pour les phares, que sont situés les constructions les plus emblématiques. Un observatoire a même été créé pour centraliser les informations et établir des évaluations sur ce patrimoine et son état de conservation. Il sera bien utile quand il s’agira d’établir des priorités dans la réalisation des travaux, en tenant compte de l’intérêt historique et de la richesse des aménagements intérieurs.

Reste à savoir quels seront les moyens mis à disposition pour sauvegarder ces phares, un patrimoine dont l’Etat est propriétaire. Les discussions engagées avec certaines régions pour un transfert éventuel ne sont pas allées bien loin. On devine pourquoi.

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