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Bretagne. Une commune doit-elle payer pour avoir un distributeur de billets ?

Les communes doivent-elles banquer pour avoir un distributeur de billets sur leur territoire ? Maintenant que les banques retirent progressivement leurs billes des territoires ruraux et suppriment les distributeurs automatiques de billets (DAB) à rendement trop faible, la question finit par se poser. A l’ère de la monétisation numérique, beaucoup de consommateurs veulent encore payer en espèces, surtout quand ils se rendent sur le marché. Et plus encore s’ils vivent dans des territoires ruraux où on est attaché à la tradition des billets, du blé, du pèze, de l’artiche… Au choix.

1.500 euros par mois

A Locmaria-Plouzané, la maire, Viviane Godebert a décidé de sauter le pas. Ses administrés ont mal digéré la disparition, l’an dernier, du dernier DAB de la commune, sur le marché les commerçants s’en plaignent eux aussi et la maire considère que c’est insidieusement toute l’activité économique de la commune qui en pâtit. Au risque de peser aussi sur l’avenir de cette commune de 5.000 habitants.

Alors, avec la majorité de son conseil municipal, elle a décidé de remédier à cette situation en investissant 90.000 € dans l’acquisition d’un local et de demander à la Brink’s, société spécialisée dans le transport de fonds, d’y installer un distributeur, moyennant un loyer mensuel de 1.500 euros, ce qui fait tout de même près de 20.000€ par an. Les habitants, eux, ne paieront pas de commission en effectuant leur retrait.

3.000 distributeurs

perdus en trois ans

Alors, une commune doit-elle ainsi payer pour avoir du liquide ? Dans certaines petites communes, ce sont des commerçants qui rendent ce service moyennant une petite contribution municipale. Locmaria Plouzané est la première de France à sauter aussi résolument en payant une société privée pour avoir des espèces. Questions : d’autres communes vont-elles emboîter le pas ? Et la société Brink’s qui jusqu’à présent ne faisait que du transfert de fonds, va-t-elle réussir dans cette diversification de son activité commerciale ?

Hasard du calendrier : lundi, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire a fait un point sur ce sujet, après un rapport de la Banque de France indiquant que 3.000 distributeurs de billets ont disparu en trois ans. Mais selon le ministre, la France est encore bien pourvue par rapport à ses voisines avec 53.000 automates et 23.000 points de distribution, notamment chez des commerçants faisant office de distributeurs d’espèces.

La désertification bancaire constitue cependant une inquiétude réelle dans de nombreuses zones rurales et l’exemple de Locmaria-Plouzané témoigne que certaines communes sont prêtes à mettre la main à la poche pour conserver des espèces.

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