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Bretagne. Le chouca se fait voler dans les plumes

Il n’y a pas que le frelon asiatique. Dans les campagnes bretonnes, un autre volatile se fait rentrer dans le chou : le chouca ! On l’appelle aussi corneille ou corbeau chouca mais à la grande différence du frelon, lui, il est protégé. Et c’est bien là le problème. Cet oiseau noir a tendance à se multiplier et comme toujours en pareille cas, prolifération rime avec exaspération car là où passe le chouca, il y a du dégât.

C’est notamment le cas dans le Finistère où la grogne monte chez certains agriculteurs, proches des grands nichoirs où les choucas se multiplient. Mais comme personne n’a encore inventé le choucamètre, ses adversaires et ses défenseurs ne sont pas d’accord sur les chiffres. De 90.000 en 2010 ils seraient passés à 300.000 actuellement dans le Finistère, selon des estimations fournies par la Chambre d’agriculture et certains agriculteurs directement concernés. Faux, estime Bretagne Vivante en soutenant que ce chiffre est très exagéré et que pour toute la Bretagne, on est bien en deçà de cette estimation.

« Régulation ou indemnisation »

Les dégâts, eux, sont incontestables dans certaines parcelles où les choucas arrivent en escadrille et font presqu’autant de dégats que des criquets dans un champ de manioc. Tous les semis y passent, argumentent les agriculteurs en montrant les parcelles dévastées, comme cette semaine à Mellac où agriculteurs, maire de la commune et membres de la société de chasse ont fait une opération concertée pour alerter l’opinion publique. Car l’étendue des dégâts est vaste puisque même les bâches plastique entourant les rounds de paille pour l’hiver ne résistent pas à leurs assauts. Et en nichant dans les cheminées, ils provoquent aussi des dégâts d’un tout autre ordre, comme en témoignent certains feux. Le nid s’enflamme et l’appel d’air transforme le haut de la cheminée en torche.

L’État n’ignore pas le problème puisqu’une autorisation de chasse de 5.000 choucas a été donnée dans le Finistère, mais dans le viseur exclusif des lieutenants de louvèterie. Pas assez pour réguler la population de choucas, protestent les agriculteurs qui veulent qu’on applique l’alternative régulation ou indemnisation. En d’autres termes, que l’État rembourse les dégâts provoqués par cette espèce protégée, comme il le fait ailleurs pour le loup ou l’ours.

Pierre Vincent
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