chanvre

Bretagne. Le chanvre reprend de la graine

Quand il est destiné à l’usage médicinal ou récréatif, on l’appelle le cannabis. Mais le chanvre cultivé en Bretagne, où il reprend de la graine après avoir presque disparu, n’est bien sûr pas destiné à des usages que la loi prohibe, bien qu’on puisse faire des joints avec lui. Des joints de plomberie bien sûr, tant la fibre de chanvre recèle de qualités de résistance.

Cette plante fit jadis la fortune de la Bretagne, au temps où le Duché fabriquait les meilleures voiles d’Europe (entre autres, celles de Christophe Colomb), à base de lin et de chanvre. Elle fit aussi la bonne fortune des cordiers des ports bretons, produisant des cordages réputés pour leur résistance. Avec la fin de cette époque riche et prospère, dont il nous reste notamment un patrimoine religieux unique en Europe, le chanvre a peu à peu décliné pour être destiné à des cultures plus directement alimentaires.

Mais aujourd’hui, le chanvre reconquiert peu à peu de l’espace en Bretagne. Et avec une variété de plante ne contenant qu’une infime dose de substance psychotrope, ce qui balise bien son mode d’utilisation. Certes les producteurs ne sont pas encore nombreux mais leur réussite pourrait provoquer des vocations ou des voies de diversification pour des agriculteurs disposant de terres reconvertibles.

Un prix de l’innovation

L’image de cette réussite a récemment été saluée, dans les Côtes-d’Armor, par un prix de l’innovation attribué à l’entreprise L’chanvre de Gouarec, dans le Centre-Bretagne. Son dirigeant, Christophe Latouche, avait d’abord cultivé son propre chanvre pour la construction de sa maison. Mais il a aussi cultivé quelques bonnes idées qui l’ont convaincu de laisser tomber la fibre de chanvre pour la graine, redevenant furieusement tendance avec la montée de la cause environnementale.

En quatre ans, L’chanvre est passée de 2 à 9 employés, apportant la double preuve qu’il est possible de créer des emplois en Bretagne avec un végétal remontant aux origines des premières cultures humaines. Il a cependant fallu que la société s’adapte à ce produit pas facile à maîtriser et invente même une machine à décortiquer. Aujourd’hui, l’entreprise est présente dans une palette allant des huiles alimentaires aux chocolat au chanvre en passant par les huiles relaxantes, les galettes, les biscuits, les farines, le tofou, les pâtes… Une large gamme reposant sur les propriétés du chanvre en proteines et omégas et sur les garanties vegan, sans gluten et sans lactose. Des concepts récemment popularisés mais qui, de toute évidence, ont de l’avenir.

Pierre Vincent
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