Bretagne. La Brittany Ferries compte sur la vitesse du vaccin britannique

La double peine ! Avec le Brexit d’un côté et le Covid de l’autre, la Brittany Ferries est prise dans un étau implacable. Bien des entreprises françaises souffrent de l’emprise de la pandémie mais elles sont rares celles qui payent un tribut aussi lourd. Le Brexit et la chute de la livre ont porté le premier coup à une entreprise de 3.000 salariés, très dépendante de l’activité outre-Manche puisque 80 % de sa clientèle est constituée de Britanniques. Quand elle décroche, c’est toute l’entreprise qui tangue. Et quand le Covid produit des effets aussi dévastateurs, c’est le pire qui se profile, surtout quand le Royaume Uni et la France jouent alternativement des quarantaines et ou de l’obligation de présenter un test négatif qui constituent autant d’incitations à ne pas voyager entre les deux pays.

Certes, le chômage partiel a permis à la Brittany Ferries de rester à flot mais l’entreprise a dû sérieusement baisser son trafic et laisser des bateaux à quai, tant la chute du transport a ainsi été doublement affectée, bien plus dans le transport de passagers que dans le fret.

Pour réussir à tenir, tout le transport transmanche compte sur un plan de relance de l’État. Jean-Marc Roué, le président du conseil de surveillance de Brittany-Ferries l’a encore répété et il espère être entendu malgré le flot d’alertes équivalentes venant de tous les côtés de l’hexagone. Mais le véritable espoir, maintenant, c’est la course de vitesse lancée par Boris Johnson et les autorités britanniques pour faire une vaccination massive de tout le pays, encore plus durement touché depuis l’apparition du variant du virus qui lui est tombé dessus.

Contrairement à la France qui a fait le choix de démarrer par les personnes les plus à risques, à un rythme forcément lent, la Grande-Bretagne a décidé, elle, de foncer, y compris en faisant des espacements entre les doses prescrites. Le pragmatisme britannique prend ici toute sa dimension. Et du côté de la Brittany-Ferries on suit bien sûr avec attention la courbe de croissance qui flirte déjà avec 1,5 millions de vaccinés quand la France passe à peine le tournant des 100.000 en ce début de semaine.

Des deux côtés, la courbe sera exponentielle mais la stratégie britannique est forcément celle qui intéresse le plus l’entreprise bretonne de transports transmanche. Seule la réussite de cette grande campagne de vaccination pourrait ouvrir les perspectives d’un retour de la clientèle quand les beaux jours auront pris leurs quartiers sur la Manche.

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider