Bretagne. Des bouchons révélateurs d’un habitat très dispersé

Le retour à la normale a soudain fait surgir une multiplication des bouchons aux abords des grandes villes bretonnes aux heures de pointe, notamment à Rennes et Brest. Le contraste est frappant avec la rentrée 2020, qui était sous l’emprise du Covid, mais on est même au-dessus de 2019, avant la pandémie. Le sentiment des automobilistes est que la situation s’est dégradée et que le temps perdu dans les bouchons est bien supérieur à ce qu’ils ont connu avant l’arrivée du virus.

Et voilà que le magazine Auto-Plus fait tilt en annonçant que Rennes est actuellement la ville française la plus embouteillée, devançant même Paris, Marseille ou Bordeaux où l’on a depuis longtemps déjà adopté la formule escargot aux heures de pointe. Le classement de ce magazine, reposant sur des données établies par la société hollandaise Tom-Tom, est-il fiable ? Du côté de la ville de Rennes beaucoup en doutent car comment la capitale de la Bretagne, habituellement classée autour de la 15e place française, a-t-elle pu faire un bond aussi spectaculaire en si peu de temps ?

La situation aux abords de Rennes, de Brest et d’autres villes bretonnes n’en est pas moins préoccupante, tant l’augmentation des bouchons est tout de même très marquée depuis le retour à la normale. Elle est notamment révélatrice d’une des particularités de la Bretagne : c’est la région de France où l’habitat est le plus dispersé, en raison d’une lointaine tradition d’agriculture familiale qui a couvert le territoire d’habitations devenant peu à peu des hameaux puis des villages. Mais il faut y voir aussi l’appétence des Bretons pour la maison individuelle, supérieure à la moyenne nationale, et l’attrait des communes périphériques des grandes villes qui ont parfois poussé comme des champignons, surtout autour de Rennes où les emplois liés au numérique ont explosé ces dernières années.

Résultat : cette rentrée 2021 a vu une augmentation sensible des bouchons aux heures de pointe, au point que Rennes se retrouve de façon totalement inattendue en tête des villes françaises pour le temps perdu dans les embouteillages. Et pourtant les transports collectifs sont de bonne qualité et le covoiturage est entré dans les mœurs, mais cela ne suffit pas à inverser une tendance qui s’alourdit chaque année.

Alors il faut que les centre-villes se repeuplent. C’est le point de vue exprimé par le maire de Brest, François Cuillandre, en direction de l’État, pour que la législation encourage plus ouvertement les constructions dans les centres urbains. Et même s’il évite de le dire, il pense, comme nombre d’élus, qu’il va falloir sérieusement songer à freiner l’artificialisation des sols à la campagne.

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