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Bretagne. Le blé noir a repris des couleurs

Il sert traditionnellement aux galettes bretonnes ou au kig-ha-farz mais on le décline maintenant en chips, en gateaux ou même en bière artisanale et certains grands chefs en ont fait un produit phare, comme Olivier Bellin, à Plomodien (29) deux étoiles au Michelin. Pas de doute, le blé noir a repris de la graine lui qui, à la fin des années 70, semblait voué à un déclin inéluctable, voire une mort prochaine. Mais la standardisation alimentaire, la mondialisation naissante et les prix de pays à bas coûts n’ont pas tout emporté. Le blé noir breton a su résister, porté par la création d’une association, Blé noir Tradition qui a récemment fêté ses trente ans dans un contexte nettement plus porteur qu’à l’époque de sa naissance.

Un quart de la consommation totale

Avec la recherche de produits du terroir et un goût retrouvé pour l’authenticité, la tendance alimentaire s’est inversée et cette traditionnelle production bretonne a retrouvé des lettres de noblesse, rehaussée par l’obtention d’une Indication géographique protégée, obtenue en 2010. Elle repose sur un cahier des charges très strict, garantissant un mode de culture traditionnelle et sans usage de produits chimiques. Ici, ce n’est pas la course au rendement qui est recherché, bien que la production bretonne ne représente qu’à peine un quart de la consommation totale : environ 2.700 tonnes sur les 11.000 consommées annuellement, le reste provenant d’Asie ou d’Europe de l’Est, cette plante étant originaire du Moyen-Orient, rapportée pendant les croisades, ce qui lui vaut son deuxième nom de sarrasin.

En s’ouvrant de nouveaux horizons, l’association Blé Noir Tradition a su convaincre les agriculteurs que le marché était solide et qu’ils pouvaient s’y intéresser, au moins au titre de culture de diversification de leurs exploitations. L’essor a été tel que 1.400 producteurs sont aujourd’hui habilités dans les cinq départements de la Bretagne historique, avec une progression des effectifs de 10 % chaque année. Et la filière est entièrement consolidée puisque l’association compte dans ses rangs une dizaine de meuniers spécialisés dans la production selon des méthode traditionnelle ainsi que des stockeurs, eux aussi spécialisés puisque le sarrasin nécessite des soins très précis, bien à l’écart de toute humidité ambiante..

L’association vient du reste de lancer une campagne de communication pour mieux faire connaître ce produit en plein essor, porteur d’une très bonne image et pas très exigeant pour sa culture. Il s’accommode des sols pauvres, ce qui explique aussi sa lointaine présence en Bretagne.

Pierre Vincent
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