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Bretagne. Le blé noir reprend des couleurs

Au froment ou au blé noir, la crêpe bretonne grignotte chaque année des parts de marché dans la restauration rapide, en débordant largement les frontières régionales. Mais si le froment est une farine largement répandue, le blé noir a lui, en revanche, une production bien plus confidentielle. Il a même failli disparaître en Bretagne au profit de cultures plus rentables avant de retrouver de la vigueur sous l’égide de l’association Blé noir tradition Bretagne qui a obtenu, il y a dix ans, une indication géographique protégée, gage de qualité pour cette culture qui porte mal son nom. Car ce n’est pas une céréale, comme on pourrait le croire, mais une « polygonacée » cousine de l’oseille, appelée aussi sarrasin car elle fut rapportée des croisades par des chevaliers qui ferraillaient chaque jour contre les Sarrasins. La référence la plus médiatique, c’est bien sûr celle du film Les Visiteurs où le dénommé Jacquouille se met à hurler « Messire, un Sarrasin ! ». Et il ne parlait pas de crêpe.

Une culture d’assolement

Dans les années 60, 100.000 hectares en Bretagne étaient dédiés à la culture du blé noir, aliment de base dans les campagnes. Mais la diversification des cultures et des variétés plus rentables ont renvoyé cette plante alimentaire au rayon des antiquités où elle a bien failli disparaître du paysage breton, sous les coups de boutoir de productions venues de Chine ou de pays de l’Est. Mais sous l’égide de l’association Tradition Bretagne, le blé noir a repris des couleurs et aujourd’hui plus d’un millier d’agriculteurs en produisent en Bretagne, essentiellement au titre de culture d’assolement, autrement dit celle utilisée pour la rotation des cultures sur une même parcelle.

Il est vrai que cette culture n’est pas très exigeante puisqu’elle peut se contenter de terres pauvres, voire même acides et ne coûte pas très cher à produire. Mais elle doit surtout sa renaissance au travail d’information et de promotion effectué par l’association Blé noir Tradition bretonne auprès des professionnels et du public, pour mettre en avant toutes ses qualités. Son goût plus prononcé, sa texture, les règles sanitaires drastiques imposées aux producteurs… Des efforts qui paient pour accompagner la demande croissante de galette de blé noir et élargir la gamme puisque même les nutritionnistes s’intéressent aux vertus de cette plante, riche en protéines et sans gluten. Deux qualités qui aujourd’hui ont de l’écho dans les nouvelles tendances alimentaires.

Pierre Vincent
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