Bretagne. Le bâtiment confronté à la menace du virus

La sécurité est un thème majeur dans les activités du bâtiment. Mais les professionnels n’ont jamais été confrontés à une épreuve de la dimension du coronavirus, menace permanente pour des métiers qui certes travaillent souvent en plein air mais où les contacts sont fréquents.

Alors forcément, quand le Président de la République a prononcé son allocution en intimant à chacun de rester chez soi en raison de l’épidémie, bien des professionnels en ont conclu qu’ils devaient eux aussi se mettre en mode refuge puisqu’ils ne figurent pas dans les activités stratégiques. C’est le cas dans le secteur de Fougères où dans une action concertée, plus d’un millier de salariés du bâtiment ont cessé le travail à la demande de leur employeur. Et ont été mis au chômage technique.

Mais la ministre du Travail, Murielle Pénicaud, n’a pas tardé à rectifier le tir pour signifier que les risques sont bien moins élevés en plein air que dans les zones confinées, à condition de respecter des distances de sécurité et les gestes barrières. Et donc elle a incité les entreprises à reprendre le travail, la crainte étant que ce type de mouvement se généralise à l’ensemble du pays où on compte près de 2 millions d’employés dans l’ensemble des secteurs du bâtiment.

Les salariés, de constitution généralement solide, sont plutôt favorable à la reprise du travail et peu attirés par le chômage à 80 % du SMIC. Les entreprises n’y sont pas opposées à condition que soient accordées des garanties optimales, notamment au niveau sanitaire. Comment assurer des points d’eau pour que les salariés puissent régulièrement se laver les mains, comment organiser des transports moins groupés, comment éviter que les entreprises se croisent trop souvent sur les chantiers… Des questions basiques. Mais d’autres se posent aux entreprises sur la responsabilité qui pourrait leur incomber en cas que contamination collective ? Comment s’en prémunir ? Et puis, au-delà, il y a l’épineuse question des pénalités pour retard. Elles font partie des clauses de contrat et des chefs d’entreprises se plaignent d’avoir déjà reçu des menaces de pénalités, de la part des donneurs d’ordres, s’ils ne tiennent pas les délais.

Tout ceci doit rapidement être clarifié et l’extrême diversité des catégories d’entreprise ne facilite pas la simplification d’un protocole. Le gouvernement et le professionnels se sont donc mis à la tache, dès ce lundi, pour mettre au point un mode opératoire apportant plus de garanties sanitaires sur les chantiers et offrant de meilleures assurances que les conséquences du coronavirus ne viendront pas trop peser sur la santé et les finances de milliers d’entreprises françaises de toutes tailles.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider