La Bretagne balayée par la vague Macron

A la présidentielle , Emmanuel Macron a obtenu l’un de ses meilleurs scores nationaux en Bretagne (75,36%), terre de tradition majoritairement centriste. En toute logique, la seconde lame devait produire le même effet et les législatives ont effectivement fauché l’herbe sous les pieds de tous les concurrents et notamment du PS qui connaît la plus grande Berezina électorale de son histoire. Lui qui détenait jusqu’à ce jour 21 des 27 sièges de députés de Bretagne n’en compte plus qu’un seul : François André (Rennes Nord) qui n’avait pas d’adversaire En Marche face à lui. C’est dire si la claque est retentissante, bien plus encore qu’en 1993 où le PS n’avait sauvé que trois sièges dont ceux détenus par les ex-députés Louis Le Pensec et Charles Josselin.

C’est à la pointe bretonne que les ravages sont les plus spectaculaires. Les huit sièges du Finistère étaient détenus par le PS, les huit basculent en faveur du mouvement En Marche, avec Richard Ferrand en figure de proue, sorti largement vainqueur de son duel  malgré la controverse qui a empoisonné toute sa campagne. Même Jean-Jacques Urvoas (PS) ministre sortant de la Justice, n’a pu endiguer le flot et il a déjà annoncé son intention de reprendre son enseignement à la fac de Brest, dès la rentrée. Pour suivre ses premiers cours, il ne devrait y avoir que très peu d’abstention.

Idem dans le Morbihan, où En Marche réalise un 5 sur 5, avec la surprenante victoire de l’ex-navigateur Jimmy Pahun, parti seul et sans étiquette tout en se revendiquant de la majorité présidentielle. Sa notoriété, ses émissions de voile sur Tébéo et Tébésud et sa cordialité légendaire ont fait le reste.

En Côtes d’Armor, quatre des cinq députés pointent au mouvement en Marche qui n’a toutefois pas réussi à prendre la circonscription de Marc Le Fur (Les Républicains). L’ex-vice président de l’Assemblée, adversaire de Le Drian aux régionales, tient solidement ce territoire où il creuse son sillon depuis plus de vingt ans.

Enfin, reste l’Ille-et-Vilaine où les Macronistes espéraient faire le grand chelem puisque ce département figurait sur le podium de ceux qui avaient le plus voté pour les candidats Macron au premier tour. Mais pas de grand huit en vue : quatre sièges vont à En Marche, un à l’UDI Thierry Benoit, un au LR Gilles Lurton, un au socialiste François André et un au Modem Laurence Maillard-Méhaignerie, ces deux derniers bénéficiant du soutien d’En Marche.

Il faut croire que le département le plus prospère de Bretagne n’a pas voulu mettre tous ses œufs dans le même panier. Il a envoyé, au deuxième tour, un coup de balancier qui a sorti Gilles Lurton (LR Saint-Malo) et Thierry Benoît (UDI Fougères) d’une situation pourtant bien mal engagée au premier tour.

René Perez
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