Bretagne. Après Briec, Amazon vise Rennes

Depuis le lancement du e-commerce, la Bretagne est restée à l’écart des implantations de bases logistiques. La situation géographique excentrée ne plaidait pas pour la création de centres de distribution à des échelles interrégionales. Mais avec l’expansion d’Amazon, le géant de ce secteur envisage maintenant de faire coup double sur le sol breton.

Il y a d’abord eu Briec (Finistère) avec ce que le groupe appelle un site de proximité ou du dernier kilomètre, pour la livraison dans un rayon réduit. Malgré de fortes oppositions, les élus de l’agglomération de Quimper ont donné leur aval avec 30 voix pour et 21 contre, en septembre, à l’issue d’un vaste débat. D’un côté l’impact sur le commerce et sur l’environnement ou encore le faible montant d’impôt payé en France par Amazon au regard de son faramineux chiffre d’affaires. En face, les partisans de l’implantation mettent en avant les emplois créés (une centaine sur le site et 250 emplois de chauffeurs-livreurs) avec le même argument souvent répété : un refus ne freinera pas l’e-commerce. Les discussions, comme on l’imagine, ont été très animées et récemment encore, une manifestation a réuni 300 personnes à proximité du site.

Et voilà qu’un second projet Amazon sort des cartons. Cette fois, il s’agirait d’un grand centre de distribution à Chartres-de-Bretagne, près de Rennes. L’annonce, lors du conseil métropolitain, a provoqué les mêmes réactions qu’à Briec, y compris sur l’emprise foncière visée par le géant de l’e-commerce : 14 hectares, pas moins, sur une réserve foncière appartenant au groupe PSA-automobiles. À la clef, un investissement de 40 millions d’euros et 450 emplois, dont une majorité d’emplois non qualifiés dont la région rennaise a aussi besoin.

Mais ici rien n’est joué. Le poids des écologistes peut faire pencher la balance du côté du rejet, notamment en raison de la taille de l’emprise foncière, équivalente à une dizaine de terrains de foot. Et si à Briec, l’emploi a été un élément déterminant dans le choix des élus, il pèsera sans doute moins dans la capitale bretonne, l’une des villes françaises au plus faible taux de chômage.

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