Bretagne. Des algues sous serres dans les terres du Léon

Passer de la culture de légumes à la culture d’algues sous serres, ce n’est pas la mer à boire. C’est du moins la conviction et l’audacieux pari de Jean-François Jacob. Le légumier du Léon, ex président de la puissante Sica de Saint-Pol-de-Léon (un millier d’adhérents) ), voulait diversifier ses activités. Mais il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère puisque l’énorme projet qu’il conduit devrait bientôt déboucher sur la première serre de macroalgues algues au monde, à Saint-Pol-de-Léon sous l’égide de la société Berzhin-Breizh (algue bretonne), comme il l’a révélé au Télégramme.

Pour un légumier, cela paraît un brin extravagant mais n’est-on pas ici sur les terres de ces paysans qui ont naguère créée la Brittany Ferries, aujourd’hui première compagnie française de transport de passagers ? De la terre à la mer, il n’y a qu’un pas. Et vice-versa dans ce pays de terriens marins.

Ce projet, cela fait déjà sept ans que Jean-François Jacob le concocte dans sa tête de Léonard obstiné, car il faut tout de même avoir le sens du défi très poussé pour se lancer dans pareille reconversion. Le légumier semble cultiver aussi une forte capacité de conviction puisqu’il a réussi a entraîner dans son sillage la Région et la banque Arkéa, engagées dans ce projet hors-normes, évalué à 15 millions d’euros. Pas moins. Il est vrai que l’algue, au fil des ans, révèle d’étonnantes vertus qui en font un produit de plus en plus recherché dans des secteurs à haute valeur ajoutée comme la pharmacie ou la cosmétique mais aussi l’alimentation et l’agroalimentaire. La demande croît donc sur toute la planète et les modes de culture de l’algue prennent des voies inattendues.

Ce sera la cas ici avec deux hectares de serres à aménager pour cette culture particulière, avec création de nombreux viviers où pousseront les algues mais aussi des crevettes dans une eau de mer apportée par camion et intégrée dans un circuit fermé. Selon Jean-François Jacob, le Léon présente deux atouts majeurs : la qualité de ses eaux et le climat tempéré propice à la culture de ces macroalgues qui n’aiment pas les contrastes de températures. Du reste, les serres seront équipées de protections thermiques évitant les excès de chaleur ou de froid en fonction des saisons.

Les contacts qu’il a déjà eu avec eus avec des industriels, notamment dit-il du Japon ou de Taïwan, le confortent dans ses choix. Au point qu’il envisage déjà une extension de ses serres, sur trois hectares supplémentaires, avec la conviction que les algues peuvent devenir un produit de culture, au même titre que le chou-fleur ou la tomate.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider