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Bretagne. Agribashing la nouvelle calamité agricole

Il y avait le gel, la grêle, la sécheresse… Et maintenant l’agribashing ! Encore un nom anglais mais pour un syndrome bien de chez nous qui commence à faire quelques ravages dans les secteurs ruraux où on ne regarde plus l’agriculteur ou l’éleveur du même œil. L’ère du soupçon est ouverte et cette profession qui a pourtant toujours eu une cote élevée auprès des Français, sent de plus en plus peser dans son dos les regards réprobateurs, accompagnés parfois de propos hostiles.

Il faut bien reconnaître que des pesticides que des dizaines de maires veulent interdire dans leur commune aux scandales de malbouffe dans l’agroalimentaire, des vidéos dévastatrices de l’association L 214 aux algues vertes revenues en force cet été dans certains secteurs, c’est une drôle de tambouille qui mijote sur le feu médiatique. Et la Bretagne se retrouve en première ligne, comme n’a pas manqué de le relever le secrétaire d’État Gabriel Attal, en visite samedi dans des exploitations du Finistère. « On ne peut plus accepter ces appels à la haine contre les agriculteurs, des éleveurs, des bouchers ».

Presqu’au même moment, c’est dans le Puy-de-Dôme qu’Emmanuel Macron était guidé, samedi, sur la même thématique au Sommet de l’élevage. Des éleveurs l’ont interpellé pour témoigner : « On a le sentiment que la société française ne veut plus du monde agricole ». « Moi aussi, je n’en peux plus de l’agribashing », a répondu le président, promettant de porter attention à ce qui pourrait constituer une fracture inédite et périlleuse.

Les actions radicales menées par certains groupes écologistes ont élevé le débat au niveau du fait divers et contraignent aujourd’hui l’agriculture française à une indispensable revue de détail de toutes ses pratiques. Mais il lui faut aussi se renforcer sur le terrain médiatique, là où ses plus virulents détracteurs ont compris toute la puissance des réseaux sociaux. Et ils ne s’en privent pas.

Les agriculteurs ne sont pas en mesure de lutter sur ce terrain-là ? Faux. Ils ont même tout intérêt à investir l’espace médiatique, comme le prouve une vidéo virale mise en ligne sur notre page Facebook Bretagne-Bretons. Un légumier breton explique comment il est abordé dans son champ par des automobilistes voulant lui acheter des artichauts. Mais ils les veulent au prix qu’ils ont vu dans un hypermarché où ils ont préféré ne pas les acheter car ils étaient trop « moches ». Ceux de l’agriculteur leur paraissent nettement plus appétissants mais ils les veulent au prix discount…

Cette vidéo qui synthétise certaines sidérantes contradictions de notre société, a été vue plus d’un million de fois. Un million ! C’est bien la preuve que le grand public est sensible à cette thématique et s’intéresse au point de vue des agriculteurs quand ils s’appliquent, à leur tour, à occuper le champ médiatique.

René Perez
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