Bretagne. 50 % des agriculteurs ont plus de 55 ans

En ces temps de polémiques permanentes et de coups de gueule à tous les étages, les vrais problèmes sont étouffés par la tyrannie d’une actualité en surchauffe. Pourtant, en cette période de campagne électorale, on devrait parler un peu plus de certains sujets cruciaux, tel le renouvellement des générations dans l’agriculture. Un sujet majeur en France et singulièrement en Bretagne où les chiffres sont éloquents. Actuellement, 50 % des agriculteurs bretons ont plus de 55 ans. S’ils bénéficiaient du régime spécial de certaines professions, la moitié des exploitations françaises fermeraient leurs portes.

Dans ce métier où on ne compte pas ses heures, on ne compte pas non plus les années. Les carrières sont bien plus longues que la moyenne et actuellement, 32 % des agriculteurs européens, soit approximativement un tiers, ont plus de 65 ans. Peu de professions ont une telle pyramide des âges.

Il faut donc se préoccuper de toute urgence de renouvellement des génération. Et on ne sait si la proximité des élections a inspiré la commission européenne, mais elle vient de décider de débloquer rapidement un milliard d’euros pour un dispositif spécial destiné à l’installation des jeunes agriculteurs et à la réussite de leurs projets.

Il s’agira pour l’essentiel de prêts sur quinze ans, à des taux inférieurs à ceux du marché, qui seront abondés par les banques pour un total équivalent. Soit deux milliards disponibles. Ces taux seraient à remboursement différé avec premières échéances au bout de cinq ans seulement et possibilité de périodes de pauses en cas de grosses difficultés de l’exploitant pour éviter le pire. Un soutien bienvenu quand on sait que l’accès à la finance est souvent l’obstacle majeur et que 27 % des demandes de prêts de jeunes agriculteurs sont refusés alors que le taux n’est que de 9 % pour les autres exploitants plus âgés. Il y a bien un problème spécifique aux jeunes, d’autant plus visible quand on voit comment des start-up inconnues arrivent à lever rapidement des fonds et parfois pour des sommes considérables.

De son côté, le syndicat des jeunes agriculteurs a mis au point un dispositif d’installation personnalisé pour les nouveaux arrivants, plus complet qu’il ne l’était précédemment. Ce fut le thème essentiel abordé lors d’un une réunion qui vient de se tenir à Erdeven (Morbihan) en présence de 150 jeunes agriculteurs. L’élaboration d’un projet économique avec projection sur cinq ans et un suivi post-installation, y compris avec les banques et les centres de gestion constituent l’architecture de ce dispositif pour mieux assurer le renouvellement et la solidité du projet.

En Bretagne, actuellement, environ 2.000 départs en retraite se produisent chaque année pour 700 installations. Ailleurs en France, le ratio est encore moins élevé. Et les jeunes agriculteurs l’ont répété à Erdeven : il vaut mieux que les terres ainsi libérées aillent à un nouvel arrivant qu’à l’agrandissement d’une exploitation.

René Perez
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