Bretagne. 5.000 kms de haies bocagères reconstituées en dix ans

Dans les années 80, le paysage rural breton a connu une profonde transformation. Sous l’effet de la mécanisation de l’agriculture, on a détruit des milliers de kilomètres de haies et talus pour remplacer les champs exigus par des surfaces plus facilement exploitables. La recherche de la modernisation des techniques agricoles et donc d’un meilleur rendement à l’hectare étaient tout à fait louables. Mais quelques décennies plus tard, le constat est abrupt. La disparition des haies a entraîné une érosion des sols, une déperdition des eaux de pluies, une atteinte à la biodiversité avec la réduction sévère de l’habitat d’insectes et d’oiseaux…

Arrière toute ! Avec le lancement du programme Breizh Bocage en 2009, on refait une partie du chemin à l’envers. En recréant des talus nus ou avec haies, en traçant des haies sur le sol plat ou en reconstituant des bosquets, c’est un travail de reconquête qui a été entrepris. Il est d’autant plus nécessaire que depuis les années 80, la donne a changé : le réchauffement climatique est venu rendre cette mission encore plus impérative. La végétation renforcée, c’est plus de captation de CO2. Les talus, ce sont des retenues d’eau offrant un rempart contre les sécheresses comme contre les inondations. Les abris pour la biodiversité, ce sont des protections pour la faune et la flore en ces temps où elles ne sont pas ménagées.

La nécessité de cette reconstitution paysagère est particulièrement nécessaire en Bretagne quand on sait, par exemple, le rôle joué par le ruissellement des pluies sur la prolifération des algues vertes. Et la prise de conscience a été telle que depuis le lancement du programme Breizh Bocage en 2009, près de 5.000 kms linéaires ont ainsi été reconstitués sous formes de talus, de haies ou de bosquets. Un effort particulièrement important fourni par des collectivités locales, des associations ou des particuliers (agriculteurs, en premier lieu) qui ont bénéficié des fonds importants mis à la disposition de cette œuvre de reconquête. Le financement est assuré à 100 % par un fonds européen pour l’agriculture et le développement rural (FEADER), par le conseil régional et les collectivités locales concernées.

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