Grégory Trébaol à gauche (Image/Pascal Rostain)

Grégory Trébaol à gauche (Image/Pascal Rostain)

Un Brestois à la tête du nouveau solex

Rencontre avec le Brestois Grégory Trébaol, qui s’est donné comme mission de tirer du sommeil une marque emblématique de la liberté à la française, Solex. Preuve de ce retour de flammes : la marque vient de s’associer à Roland-Garros et présente une édition limitée de vélos électriques, tout droit sortie des terres battues.

Grégory Trébaol, comment se réapproprier l’une des marques les plus iconiques de France ?

Tout a commencé en 2003 : je voulais explorer la piste du vélo électrique. Viser Solex, qui appartenait alors au groupe Fiat, c’était développer un nouveau concept autour de Solex : le Vélo Solex. Mais racheter la marque a été plus difficile que prévu : elle a été récupérée par le groupe Cible à l’époque, qui a développé l’E-Solex.

Nous sommes allés de l’avant et avons lancé le groupe Easybike, avec l’ambition de démocratiser le vélo électrique, mode de mobilité alors connoté pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Easybike, c’était un nom tout trouvé pour cette démarche. Nous avons fait notre petit bonhomme de chemin jusqu’en 2013 où nous avons pu racheter la marque. Nous étions d’ailleurs le premier distributeur français d’E-Solex !

Comment avec du vieux, vendre du neuf et arriver à le démocratiser ?

Solex a inventé le 2 roues léger, transportable : c’est la marque qui, depuis 70 ans, est reconnue par tous comme une marque transgénérationnelle, mais aussi transsociale : médecins, ouvriers, curés, tout le monde roulait en Solex ! De la même manière, le Vélo Solex n’est pas impersonnel, il s’inscrit lui aussi dans la mobilité moderne. On perpétue simplement l’esprit de la marque.

La relocalisation du vélo Solex en France, c’était important dans votre démarche ?

Pourquoi se réapproprier Solex s’il n’y a pas, derrière, le projet de relocaliser la fabrication des vélos en France ? Autant ne pas la racheter. D’autant plus que nous voulons parler, au travers de la marque, à l’international. Notre projet initial est donc devenu un projet d’usine 100% électrique. C’est tout l’intérêt d’une marque comme Solex : y apposer notre savoir-faire à la française, face à la concurrence des moteurs asiatiques ou d’autres pays. Notre atout, c’est la marque, le design, en plus des qualités de l’équipement de chacun de nos vélos.

Le marché du vélo électrique, ça représente quoi aujourd’hui en France ?

Le vélo électrique a le vent en poupe, mais ne représente encore qu’une infime part du marché du vélo. Si on compare le marché du vélo en France et en Allemagne, où l’essor des dernières années s’est joué à la même époque, les chiffres parlent : 500 000 vélos électriques en Allemagne, 120 000 en France. Pour démocratiser le vélo électrique en France, il faut une prise de conscience collective sur cette mobilité d’intérêt général, ne serait-ce que pour décongestionner les centres villes.

Comment conquérir aficionados et collectionneurs d’anciens Solex ?

C’est forcément la cible qui sera la plus difficile à séduire ! Le premier enjeu, c’est de ne pas partir à la chasse aux sorcières envers ceux qui ont été les ambassadeurs de la marque alors qu’elle avait disparu. Au contraire, il faut valoriser cette communauté de passionnés et surtout, ne pas renier le passé de Solex. Il faut plutôt voir comment travailler ensemble et être à l’écoute de ce qu’ils attendent d’un vélo Solex moderne. Nous devons encourager les événements qu’ils organisent autour de leurs précieux Solex –des pièces de collection maintenant !-. Notre objectif, c’est de leur présenter les vélos électriques Solex dans le respect de l’ADN de cette marque qu’ils affectionnent tant. Mais avec les enjeux de mobilité d’aujourd’hui !

Fanny Degorce
1 Commentaire
  1. MATHIEU

    On ne dit pas « retour de flammes » qui illustre un accident, mais retour en force…..
    Le Solex électrique est un vélo électrique comme les autres qui joue sur la nostalgie pour rameuter ses clients. Essayez donc aussi le Lambretta électrique (si si !)
    Ah la la, ce que nous proposent les groupes financiers !

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