grognon

Brest, ville de grognons

On savait que les Bretons sont râleurs et que leurs mouvements d’humeur, avec bonnet sur la tête, peuvent même faire vaciller un gouvernement. On a maintenant une confirmation chiffrée avec un palmarès inédit (et tout ce qu’il y a de scientifique !) qui vient juste d’être publié. On le doit à l’application de messages Mood Messenger qui, pendant six mois, a relevé le nombre d’émojis « grognon » envoyé par des utilisateurs pour commenter des faits d’actualité, des vidéos ou des écrits.

Bien entendu, c’est Paris qui arrive en tête puisque les Parisiens ont toutes les raisons de râler, surtout en ce moment. Les transports en commun les mettent en pétard dès la première heure et ça ne s’arrange pas au fil des heures. Ca se ressent forcément sur leurs réactions le soir, et peut être plus encore sur le net.

Sur le podium figure aussi Brest, en troisième position, juste devancée par Clermont-Ferrand (un pneu, mon neveu!) qui met donc la Bretagne en haut du palmarès et c’est mérité. Les Brestois ont une solide réputation de râleurs et la figure la plus emblématique de la ville, un certain de Kersauson, en a même fait son fond de commerce. C’est fou à quel point on peut bien gagner sa vie en râlant à tout propos, à l’image aussi de la très distinguée Christine Angot, dont le qualificatif le plus approprié à son cas tient en une syllabe qui rime parfaitement avec grognonne.

Comme le temps

Mais revenons à nos Brestois à l’humeur chagrine. Si les embarras de transports gâtent le métabolisme des Parisiens, à Brest ce serait plutôt la météo. Kersauson a beau dire que la pluie ne mouille que les cons, elle a quand même tendance à parfois taper sur le système, surtout quand le vent d’ouest se met à décorner les cornes de brumes. Ca joue sur le métabolisme et peut rendre le Brestois un brin grognon.

Peut-être aussi faut-il y voir un effet de  la schizophrénie ambiante de cette ville, longtemps coupée en deux, sous la tutelle d’une Marine qui a parfois perturbé l’humeur du Brestois moyen. Certes, aujourd’hui on ne dit plus à des parents d’élèves « Vous ne devriez pas mettre votre enfant dans cette école. Avec les enfants d’officiers, il aura du mal à suivre ». Non, on ne dit plus mais c’est le genre de réflexion qui avait tendance à mettre les nerfs en pelote et rendre le Brestois de mauvaise humeur.

Au point même de tomber dans l’autodénigrement un peu trop systématique. Les Brestois ont eu longtemps tendance à trouver leur ville triste et grise et à le dire sans ambage. Avec les grands rassemblements de vieux gréements, la tendance s’est inversée et aujourd’hui c’est plutôt la fierté et parfois même une petite pointe de suffisance qui marquent cette spectaculaire inversion.

Alors pourquoi les Brestois continuent-ils à râler autant sur les réseaux ? Sans doute parce que, comme toutes les communautés d’intelligence supérieure, ils sont très exigeants. D’abord avec eux mêmes mais aussi contre tout ce que les réseaux sociaux véhiculent comme âneries méritant d’être aussitôt sanctionnées.

Bretagne-Bretons échappe bien sûr à cette médiocrité ambiante et nous ne doutons pas qu’à la fin de la lecture de cette prose approximative, vous nous éviterez l’affront d’ajouter des « grrr… grognons » à la collection brestoise déjà bien fournie.

Bretagne Bretons
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