Brest Métropole. Plus grand pour exister

Cette fois, le débat est bel et bien lancé. Pour conserver sa place parmi les quatorze métropoles françaises et les prérogatives qui y sont attachées, Brest doit changer de dimension. Elle est trop petite pour conserver un statut qui va s’étioler au fil des ans et des passerelles sont donc lancées vers l’ensemble du Pays de Brest pour envisager une extension de la communauté brestoise et de ses huit communes alors que Rennes-Métropole, par exemple, regroupe 43 communes.

La référence évoquée à Brest, c’est la communauté de Reims qui groupe aujourd’hui pas moins de 140 communes (au lieu de six précédemment !) pour une population de 300.000 habitants. Reims, on le notera, ne fait pas partie des quatorze métropoles françaises, ce qui rend encore plus exemplaire sa démarche.

A Brest , on n’en est pas encore là. Mais le débat ouvert à trouvé de l’écho jusqu’au Pays des Abers et dans la presqu’île de Crozon où d’ores et déjà le maire de la commune-centre, Daniel Moysan, et le conseiller général, Louis Ramoné, se sont prononcés pour une adhésion à une future communauté élargie. Pour Brest, l’intérêt est évident. Elle n’a décroché le statut de métropole que par une faveur tenant à un coup de pouce de François Hollande et une situation géographique qui en fait une exception française.

La norme, à la création de ce nouveau statut de métropole, c’était d’intégrer les agglomérations de plus de 400.000 habitants. Celle de Brest n’en fait guère plus de la moitié. Mais donner ce statut à Rennes et Nantes, villes voisines, et le refuser à Brest, c’était une insulte à l’aménagement du territoire et une aberration à la géométrie territoriale. Brest a donc intégré ce petit groupe mais des mesures récentes, comme des restrictions aux dispositions de la loi Pinel, témoignent que la ville de la pointe bretonne n’est pas considérée comme une réelle métropole. Ce qui a fait grogner les élus.

Pour l’agglomération comme pour tout l’Ouest breton, il est nécessaire d’avoir une communauté forte et nombreuse qui pèse de tout son poids alors que le décrochage entre l’est et l’ouest de la région n’a jamais été aussi manifeste. Du reste, les autres communes du Pays de Brest n’ont-elles pas, elles aussi, intérêt à unir leur destinée à l’heure où les budgets des collectivités locales connaissent un gros trou d’air ? L’État a serré la vis et il n’a sans doute pas tort sur le fond. Les collectivités locales, et singulièrement les communes, ont un peu trop tiré sur la ficelle, provoquant l’endettement que l’on connaît et qui ne sera pas facile à résorber sous le poids d’un recrutement de personnel, parfois pléthorique, dont l’effet se fera sentir à long terme.

L’heure est aux regroupements, voire aux fusions de communes, et le projet d’une extension de la communauté urbaine de Brest est d’ores et déjà inscrit au rang des impératifs. La question ne se pose plus de savoir si elle se fera mais quand et dans quel périmètre. Ce sera, à n’en pas douter, un des grands thèmes de la campagne des municipales de 2020 dans le Pays de Brest.

 

Les quatorze agglomérations ayant obtenu le statut de métropoles sont Paris, Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Rouen, Strasbourg, Grenoble, Montpellier et Rennes (43 communes) qui comptent toutes plus de 400.000 habitants. Celle de Brest en fait 214.000.

René Perez
1 Commentaire
  1. Mimi

    « Les quatorze agglomérations ayant obtenu le statut de métropoles sont Paris, Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Rouen, Strasbourg, Grenoble, Montpellier et Rennes (…) »
    Je n’en compte que 13, vous avez oublié Nancy.

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