Brest. 5e ville de France la plus agréable à vivre !

Avalez vos clichés, rengainez vos railleries et arrêtez vos mises en boite ! Vous qui glosez sur Brest, sa grisaille et son architecture post-stalinienne, jetez donc un œil sur l’Express. Et vous y découvrirez la vérité vraie remontant du puits : Brest est classée 5e ville de France la plus agréable à vivre. Incroyap’ ? Ben non, Raymond.

Alors, c’est vrai, il faut bien reconnaître que cet hebdomadaire est particulièrement flatteur pour les villes de l’Ouest et qu’il tresse des lauriers à Rennes et Nantes. Cela, on le savait déjà, puisque ces deux villes figurent dans tous les palmarès des cités dynamiques et porteuses d’avenir. Mais Brest, la troisième grande agglomération de l’Ouest, est moins habituée à un regard aussi bienveillant, tant la ville a longtemps supporté tous les clichés liés à la météo et aux bateaux gris de la Marine nationale, assortis à la couleur ambiante. Il faut croire qu’aujourd’hui, la tendance s’est nettement inversée.

La rénovation du port de commerce, dans le sillage des premiers rassemblements de vieux gréements, a transformé le paysage, apporté de la couleur et fait descendre vers la mer le centre de gravité de la ville. Mais ce qui fait aujourd’hui l’attrait de Brest, c’est d’être une sorte d’antithèse de la concentration urbaine. Car que reproche-t-on aujourd’hui aux grandes agglomérations ? Leur air pollué, leurs monstrueux embouteillages, le prix de leur immobilier, leurs banlieues grises…

En contre-exemple, Brest a l’air le moins pollué des grandes villes françaises grâce à la proximité de l’océan mais aussi la rareté des usines, son marché immobilier figure parmi les moins chers des villes françaises, la mer et la campagne font office de banlieue et si, ici aussi, il y a des bouchons, c’est surtout ceux qu’on fait sauter dans les estaminets. Car Brest est probablement la grande ville la moins embouteillée de France parce qu’elle a été presqu’entièrement reconstruite selon le modèle américain. Des artères larges et rectilignes, donc très roulantes.

Pour tout dire, Brest est une ville facile à vivre, avec sa rade magnifiée par la mode des vieux gréements et une présence moins affirmée de la Marine nationale dont le format a été réduit. Mais ce retrait a son prix : 5.000 postes militaires ont été perdus entre 2007 et 2012 dans la région brestoise, au plus fort de la reconfiguration des armées françaises. Conséquence, Brest est l’une des rares villes françaises à avoir perdu de la population ces dernières années. Mais c’est sans doute aussi parce qu’elle a aujourd’hui un caractère moins militaire et donc moins figé qu’elle se trouve ainsi projetée à l’avant-scène du mieux-vivre dans les grandes villes françaises. Un tremplin pour mieux rebondir.

René Perez
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