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Brest 2016 vogue vers Douarnenez

Sur la falaise qui surplombe les Tas de Pois, Louis affirme qu’il est venu spécialement de Lyon pour voir ça. Et ce retraité n’est pas déçu. Car au moins une fois dans sa vie, il faut avoir vu le formidable spectacle de cette armada effectuant le passage de relais entre Brest et Douarnenez pour les fêtes maritimes de ce bout du monde.

Tous les quatre ans, c’est un spectacle unique sur les mers du globe, réunissant près de 2.000 navires, des voiliers traditionnels, clous de Brest 2016, à une flopée de petits bateaux bretons qui viennent se mêler à cette flotte d’un autre âge, comme ces spectateurs qui courent après les géants de la route dans une étape de montagne. Envie d’y être. Envie de les toucher.

Et l’étape de montagne, ici, ce sont les Tas de Pois. Là où la route se fait plus étroite pour passer entre les cailloux. Là où les spectateurs sont massés par grappes impressionnantes sur les falaises de la presqu’île de Crozon dont les routes ont été bien encombrées dès les premières heures du jour. C’est d’ici, c’est de là-haut que naîtront les plus belles photos de ce spectacle, quand les bateaux naviguent presque coque contre coque pour passer entre les mythiques cailloux de la pointe de Camaret. C’est dans ce passage digne du Tourmalet, quand la flotte se resserre, que l’on peut capter l’effet de masse dans le décor de carte postale de ces Pois posés sur la mer, comme pour mieux sublimer le passage de cette armada.

Et puis la flotte plonge à babord, quittant le col pour attaquer la descente vers Douarnenez. Du haut des falaises, certains spectateurs sont surpris de voir quelques-uns des plus beaux navires continuer leur route sans obliquer vers la gauche. Non, ils ne vont pas à Douarnenez dont ils ne pourraient d’ailleurs pas franchir l’écluse d’accès au port. Elle est trop étroite pour ces mastodontes des mers qui mettent le cap maintenant vers d’autres horizons, vers d’autres ports, vers d’autres quais où la foule viendra encore les admirer.

Mais le gros de la flotte est encore et toujours là, voguant vaillamment vers le port douarneniste qui prendra au soir ses plus belles lumières pour une fête plus intime que celle de Brest mais pas moins chaleureuse. Bien au contraire. Dans l’enceinte du Port-Rhu c’est une autre atmosphère, une autre ambiance, une autre fête qui commence, jusqu’à dimanche soir, avec ces centaines de bateaux pour un décor d’exception. 

Pierre Vincent
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