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Brest 2016. Escale au tribunal pour les grands voiliers russes

Les grands voiliers russes, notamment le Sedov et le Kruzenstern, devraient être à Brest 2016, dans deux mois. Leur présence est annoncée mais pas encore officiellement confirmée car ces majestueux seigneurs des mers, deux fois plus longs que l’Hermione, sont depuis une vingtaine d’années l’enjeu de bras de fer entre la Russie et certains de ses créanciers.

D’ailleurs, comment les Brestois auraient-ils oublié l’épisode du Sédov, pendant Brest 2000 ? A l’époque, c’est une société suisse, Noga, qui poursuivait l’Etat russe en recouvrement de dette. A plusieurs reprises, cette société avait sollicité des pays étrangers (Etats-Unis, Luxembourg…) pour qu’ils saisissent des biens de la Russie et avaient notamment jeté leur dévolu sur le Sedov. Mais aucun Etat n’avait donné suite sur ce point jusqu’à ce que le plus grand voilier du monde fasse escale à Brest 2000.

Probablement émoustillé par les actions spectaculaires qu’il avait lancé contre les pollueurs des mers croisant au large des côtes bretonnes, avec des amendes-record, le tribunal brestois se mit cette fois en tête de se saisir de la demande de la société Noga. Et donc d’immobiliser à quai le Sedov, avec huissier de justice et procédure humiliante qui mit en rage le commandant de bord de ce voilier-école avec ses 150 cadets à bord. L’affaire remonta jusqu’au Kremlin, avec manifestation des parents de ces jeunes mousses devant l’ambassade de France à Moscou. On frolait l’incident diplomatique jusqu’à ce que le tribunal brestois décide de lever toute mesure conservatoire en reconnaissant finalement que le voilier appartenait à l’université de Mourmansk et non à l’Etat russe. Et ne pouvait donc être saisi, ce que confirma deux ans plus tard la cour d’Appel de Rennes. On entendit monter des quais comme énorme soupir de soulagement…

De nouveaux créanciers

Mais la Russie, qui semble décidément avoir de nombreux créanciers aux trousses, s’est à nouveau trouvée en butte à une décision de justice arbitrale. Cette fois, c’est la Cour d’arbitrage international qui a eu la main lourde en condamnant l’Etat russe en 2014. Sur requête d’actionnaires de la société pétrolière Ioukos, elle a fixé à 50 milliards de dollars, pas moins, le montant de l’indemnisation que leur devait l’Etat russe. Une telle décision, on l’imagine, a suscité de multiples tentatives de saisies de biens russes à l’étranger et les grands voiliers russes se trouvaient une nouvelle fois dans le viseur des créanciers.

D’où les craintes des organisateurs brestois de voir la délégation russe jouer les filles de l’air en déclarant forfait pour Brest 2016. Fort heureusement, il y a deux mois, une décision du tribunal de La Haye a invalidé totalement la condamnation de la Cour d’arbitrage international, libérant ainsi la Russie d’une épée de Damoclès pendue au-dessus de ses avoirs étrangers et de ses voiliers de légende.

Cette décision de justice a rassuré les Brestois. Les chances de voir le Sedov et les autres grand bâtiments russes est aujourd’hui bien réelle, d’autant que la jurisprudence établie en 2000, lors de l’affaire précédente, met les Russes à l’abri d’un nouveau blocage sur les quais de Brest. Le maire, François Cuillandre, et les organisateurs sont donc confiants et ont même promis une cérémonie en mémoire des soldats russes passés par Brest en 1917 avant de gagner le front. Un épisode passé complètement inaperçu à cette époque où un million de soldats américains posèrent le pied à Brest avant de partir à destination des tranchées.

Bretagne Bretons
1 Commentaire
  1. Pourriez vous nous donner un peu plus de détails sur cette histoire de soldats russes qui sont passé par Brest en 1917 avant d’ aller au front !! je n’ en ai jamais entendu parler , ni moi , ni beaucoup de gens !!

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