brastis

Brastis, mieux qu’un pastiche

Le Brastis de la Maison Jouffe a été créé pour être réservé aux réseaux cavistes et Cafés Hôtels Restaurants.  Mais, les nombreux acteurs de la grande distribution se sont aussi intéressés à l’histoire et aux spiritueux de la Maison Bretonne Jouffe. Suivant leurs demandes pressantes, le spécialiste des spiritueux vient de sortir un nouvel autre opus ; le Vieux Briscard, petit frère anisé du Brastis, purement destiné aux supermarchés. Plus accessible, et d’une qualité qui fait le renom de la Maison Jouffe, ce p’tit jaune se déploie en gorges de Bretagne depuis 15 jours…

Marseille rit jaune cette année. D’un jaune anisé qui se corse au fil des mois. Le crime de lèse-majesté s’est opéré en Bretagne, sous la coupe de Laurent Jouffe. Jusqu’alors réservée aux cognacs et autres spiritueux, la notoriété de la Maison dinanaise a été comme… catapultée le 29 janvier, lorsqu’est sortie la belle bouteille de Brastis, le désormais célèbre pastis breton .

Un pastis druidique immergé dans ce qui a tout l’air d’un flacon de parfum XXL, avec son phare et sa base en forme de chapeau breton pour porter les valeurs d’entre terre et mer. Un pastis haut de gamme, sélect, distribué chez les cavistes et cafés-hôtels-restaurants.

Une foule sentimentale sur le Brastis

Ce qui s’est passé est « hallucinant ». Genre le halo de lumière venu se former sur la Maison Jouffe. » Un petit miracle », savoure Laurent Jouffe, le papa de la distillerie. « J’espérais faire entre 1000 et 4000 bouteilles. Franchement pas plus. » Révision faite: ce sont finalement entre 20 000 et 30 000 bouteilles de Brastis et de Vieux Briscard que la Maison Jouffe devrait écouler sur l’année 2019…

Sans intention de la donner, une guerre des clochers s’est littéralement formée sur les réseaux sociaux. Un gros buzz et quelques hoquets avec. Tout bonnement parce qu’avec un zest de sang chaud du Sud et une âme de guerriers celtes de l’autre, le mélange était suffisamment détonant pour faire des émules. Surtout quand une boisson est à sa région… ce que l’homme est à sa patrie…

De nombreux Bretons déclarant vouloir apporter leur Brastis et Vieux Briscard dans le Sud, l’été sera chaud!  Le dirigeant, lui, s’en défend comme il peut. « Je souhaitais donner ma version et ma sensibilité de Breton à cette boisson provençale, dont les plus grands consommateurs restent… les Bretons! »

capture-3-2Le Vieux Briscard à la conquête de l’Ouest

Bien que les Bretons aient été les premiers clients et premiers servis de l’élixir de Bretagne dénommé Brastis, il restait comme une soif plus générale à assouvir dans cette « conquête de l’Ouest ».

« La grande distribution voulait aussi participer à l’aventure. Un, deux, dix appels… On a eu une telle demande qu’avec mon neveu , Julien Saillard-Jouffe, nous nous sommes penchés sur l’élaboration d’un petit frère destiné aux supermarchés. Voilà comment Le Vieux Briscard a vu le jour mi-juin. »

Vendu aux alentours de 20 € la bouteille, le Vieux Briscard se veut plus accessible. Gustativement, il suit la même logique que le Brastis. Bien que très qualitatif, la différence se joue dans la puissance supérieure en première bouche du Brastis, qui s’avère davantage réservé à la dégustation. Il faudra cependant attendre la fin de l’été, pour que la Bretagne entière soit progressivement pourvue du nouveau breuvage. La Maison Jouffe s’attaquera ensuite au nord de la France, à la région parisienne, puis à toute la France, Sud compris…

« Tradition, modernité et élégance »

‘Regarder son hâle, humer ses embruns, savourer ses premières notes en bouche et se délecter au passage en gorge’ Laurent Jouffe a pensé son pastis comme une exploration ; qu’il se nomme Brastis (contraction de Breizh et pastis) ou Vieux Briscard (soldat chevronné, voire homme aussi malin qu’expérimenté). Deux anisés aux secrets de fabrication bien gardés, si ce n’est une confidence tout de même: un « caractère bien trempé » à chacune et toute la « sensibilité » que Laurent Jouffe et sa fine équipe aiment à y mettre.

Ici, à Dinan, moins de dix employés se déchaînent pour hisser les couleurs de la Maison Jouffe. Tous au service du triptyque de « tradition, de modernité et d’élégance » de la petite entreprise… Où il est question d’exception, de privilégier la distinction et de rester ancrés aux valeurs familiales et artisanales.

« Plus j’avance, plus je me rapproche de mon enfance, s’étonne Laurent Jouffe. Je ne sais quel est le poids généalogique dans ce que j’accomplis mais le lambig fait partie de l’histoire de ma famille et il n’y a jamais de hasard. » Plus enraciné que jamais, ce tout jeune quinqua qui a fait plusieurs fois le tour du monde a au moins « le sentiment d’avoir relié [son] existence, [sa] famille et [sa] Bretagne ».

« J’ai toujours été un Breton ailleurs mais je voulais être un Breton ici, avec un produit d’ailleurs. » Pari gagné. Si le Brastis a séduit les plus grands goûteurs, tout porte à croire que le Vieux Briscard pourrait bien devenir le compagnon officiel de nos jeux de boul-ten et palets!

Vers le raffinement depuis 1850

Exploitante agricole depuis 1850, la famille Jouffe possède une longue tradition de distillation. Héritier de passionnés, héritier de procédés, Laurent Jouffe a quant à lui souhaité donner corps à la rareté, à la subtilité, en affinant des spiritueux de très grande qualité il y a un peu plus de vingt ans avec de nombreux partenaires.

Entre Cognacs, Calvados et rhums, la Maison Jouffe est devenue l’alchimiste de grandes bouteilles aux arômes aussi longs que puissants et complexes. Plusieurs fois primés au prestigieux concours mondial de Bruxelles, les spiritueux de la Maison Jouffe flirtent avec l’excellence. Les quelques gorgées entre toutes précellentes: un p’tit cognac XO Laurent Jouffe ou un cognac 1er cru VSOP.

Manon Motir
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider