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Brasserie de Bretagne : un succès au-delà de la Britt

La Bretagne compte 115 brasseries, et la France quelque 1500. Parmi celles-ci, on trouve la Brasserie de Bretagne (anciennement brasserie Britt). Les bières maisons, la Sant-Erwann, la Dremmwel, l’Ar-Men et la Britt font partie du paysage brassicole régional. Dans un contexte économique de bières spéciales pour le moins juteux, la Brasserie de Bretagne respire la santé. Avec un prévisionnel 2019 de 7 millions de litres, l’entreprise trégunoise arrive au bout de ses capacités de production et va s’installer dans une nouvelle usine de 8500 m2 pour poursuivre son ascension. Ça se concrétisera en février 2020.

La Brasserie de Bretagne se porte comme un charme. Les raisons ? Un marché porteur et des marques qui se démarquent. Depuis 21 ans que l’entreprise met du grain à moudre, ça paye. Pour preuve : « Quand la croissance du marché national est de l’ordre de 5 % par an, celle de la Brasserie de Bretagne taquine les 20 à 25 % annuels. » En découle « un chiffre d’affaires multiplié par trois en dix ans et qui, on l’espère, pourrait atteindre les 14 millions d’euros en 2019. » Un bilan plus que satisfaisant, pour le dirigeant repreneur Marc-Olivier Bernard.

En volumes, ce sont 70 000 hectolitres qui sont espérés en 2019, contre 60 000 l’an passé. Un seuil qui a pour conséquence d’entraîner la construction d’un nouveau site de production, zone de Colguen 2 à Concarneau. De quoi être en mesure de produire 10 millions de litres. C’est ce qu’on appelle la politique du fut tendu.

Bientôt 10 millions de litres

Née en 1998 sous l’appellation Brasserie de Bretagne, la brasserie trégunoise s’est longtemps fait voler la vedette par sa propre marque, plus abrégée, plus breizh encore : la Britt. Lorsque Marc-Olivier Bernard est arrivé en 2017, il a opéré une remise à niveau et mis les bières sur le même pied d’estale. Ainsi la Sant-Erwann, la Dremmwel et l’Ar-Men ont-elles acquises aujourd’hui une renommée proche de la bière maîtresse.

« Question saveur, je ne démordrai plus des bières traditionnelles mais la terminologie englobe tellement de choses en amont: ça implique une conscience pour et envers des productions locales, bio ou raisonnées, de fines sélections céréalières, des process de fabrication si rigoureux qu’il relèvent de savoir-faire » explique Marc-Olivier Bernard.

Entre des valeurs régionales qui forcissent dans un flow semblable à la fermentation, une volonté claire et limpide de tendre, un jour, vers la consigne, et la satisfaction de participer à l’implantation d’une malterie à Scaër en toute synergie avec d’autres sociétés, en septembre prochain, Marc-Olivier Bernard a affûté ses valeurs et sa soif de fondamentaux. C’est d’ailleurs tout ce souci de personnalisation engagé de concert avec une équipe dévouée qui donne de la trempe à la Brasserie de Bretagne. Une âme aux couleurs de Bretagne et « des marques qui ont chacune leur personnalité ».

La bière bio brille

Avec 40 % du volume de production, la Sant-Erwann se positionne en première place. Mais le marché qui explose, c’est le bio, avec 40% des ventes réparties entre Ar-Men (10 %) et Dremmwel (30 %), actuellement deuxième bière bio de France et dont l’objectif est tout trouvé : rafler la marque Jade et doubler la mise en l’exportant vers des marchés européens qui n’attendent que d’être… bouche bée.

Qu’elles soient ambrées, rousses, blondes, brunes, les bières de la Brasserie de Bretagne réussissent à égaler la célèbre belge Leffe dans plusieurs magasins du Finistère. Et ce sont bien sûr les Bretons eux-mêmes qui en sont les plus grands consommateurs, avec 65 % des ventes contre 35 % sur le marché national.

Des parts qui vont cependant connaître des fluctuations avec l’internationalisation de la Brasserie de Bretagne sur le bio.

Manon Motir
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