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Bopp. Treuils bretons pour chalutiers chinois

La société Bopp, c’est une sorte d’exception locale qui confirme la règle mondiale. Voilà une entreprise de 60 salariés, excentrée dans la presqu’ile de Crozon, où elle ne dispose même pas du haut débit, qui réussit à vendre des treuils et des équipements de ponts à des clients chinois pour un marché de 3,5 millions d’euros. Au point où en est aujourd’hui le décalage industriel entre la Chine et la France, on se pince un peu pour croire qu’une telle performance soit possible, surtout quand on est installé dans une presqu’île du bout du monde, pas vraiment profilée pour les grands réseaux de communication routière, portuaire ou informatique.

Nouveaux horizons, nouvelle orientation

L’explication de cette situation paradoxale, il faut aller la chercher, en partie, du côté de chez Piriou, le constructeur naval concarnois qui a connu une expansion spectaculaire ces deux dernières décennies. Ce chantier naval a largement contribué à assurer la carnet de commandes dans les moments les plus creux de la société Bopp, survivante d’un milieu très sinistré en France, en raison notamment des crises successives de la pêche et de la forte baisse des commandes de bateaux. Ce partenariat historique entre Bopp et Piriou (qui monta jusqu’au partenariat financier) a assuré la survie puis le nouvel élan de la société née à Crozon mais aujourd’hui installée à Lanvéoc, à une dizaine de kilomètres de là.

Portée par Louis Bopp, son président, et son jeune directeur général, Rémi Boënnec, la société a compris que ce n’est pas en France qu’elle trouverait son chalut mais dans les pays émergents, en premier lieu les pays asiatiques, et que la pêche ne pouvait plus constituer la grande dorsale de son activité. L’entreprise s’est donc ouverte à de lointains horizons et à une diversification accélérée qui lui a valu de décrocher des contrats d’équipements de ponts hydrauliques et électriques pour le groupe Bourbon, pour près d’une centaine de supplies (bateaux d’assistance et de transports offshore), pour des bâtiments de la Marine nationale ou encore pour des navires de recherche et bien sûr le groupe Piriou pour lequel elle a commencé, en 2017, la livraison d’une série de quatre treuils de 65 tonnes chacun, les plus gros jamais construits par l’entreprise presqu’îlienne.

En fêtant la fin d’année avec son personnel, Louis Bopp a officialisé ce très gros contrat avec la Chine qui aura nécessité près de deux ans de négociations, marquées par la visite d’une délégation chinois dans la presqu’île de Crozon, ce bout du monde qui a su, contre vents et marées, conserver son unique entreprise industrielle.

René Perez
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