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Les bonnes recettes des festivals bretons

Une édition colossale ! Les dirigeants des Vieilles Charrues ont dû, une nouvelle fois, aller puiser dans la boite à superlatifs pour qualifier cette édition 2018 qui s’achève sur un nouveau record, flashé à 280.000 sur la route du succès de ce festival. Mais l’arbre carhaisien ne cache pas la forêt bretonne, la plus dense du pays puisque la Bretagne totalise quatorze festivals enregistrant plus de 10.000 entrées payantes.Et on grimpe à la vingtaine si on intègre les cinq départements de la Bretagne historique, avec notamment le célèbre Hellfest de Clisson (Loire-Atlantique).

Le sens de la fête

En tête de ce palmarès caracolent les Vieilles Charrues et le festival interceltique de Lorient, chefs de file d’un pack qui a trouvé la bonne recette pour offrir cet éventail festif unique dans l’Hexagone. D’abord, il faut trouver une région où l’on aime la musique et depuis des lustres, la Bretagne est porteuse d’une tradition musicale qui a trouvé un essor considérable et un peu inattendu dans les années 70, portée Alan Stivell et une flopée de musiciens et chanteurs sortant du terroir comme les girolles après la pluie. Au milieu des bluettes et des paillettes, la musique celtique traça vite sa route dans le sillage des premiers festivals.

Mais l’amour de la musique ne suffit pas. Les Bretons y ont ajouté ce sens de la fête, parfois porté jusqu’à l’excès, qui remonte probablement au temps très lointains où ils se mettaient à danser autour de cailloux de plus plusieurs dizaines de tonnes qu’ils avaient réussi à faire tenir debout parce qu’ils ignoraient que c’était impossible.

Le poids des bénévoles

C’est aussi probablement de ce temps-là que date un certain goût pour la vie en commun qui a valu plus tard à la Bretagne d’être à la pointe du mutualisme puis de la vie associative. Et accessoirement d’être à la base de la réussite des festivals bretons, portés par ces dizaines de milliers de bénévoles qui animent l’été breton et ont atteint la barre des 7.000 pour le seul festival des Vieilles Charrues. Ce sont eux, les véritables piliers du succès de la Bretagne festive.

Et puis il y a les collectivités locales et régionales qui ont su accompagner le mouvement, précédant l’implication de plus en plus forte des entreprises. Dans le sillage de l’association Produit en Bretagne, exemple unique en France, de nombreuses entreprises locales et régionales concourent à la bonne recette du modèle breton et leur soutien est d’autant plus précieux à l’heure où les concours de l’État se font plus rares et la concurrence de plus en plus rude, portée notamment par les majors de la production musicale.

Mais l’édition des Vieilles Charrues qui vient de s’achever témoigne que l’Ouest résiste encore vaillamment, comme au temps des légions romaines où la capitale de l’Armorique s’appelait Vorgium. Carhaix aujourd’hui.

Pierre Vincent
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