Bolloré-Guillemot. Breizh Battle

Rien ne va plus entre le Finistérien Vincent Bolloré et le Morbihannais Yves Guillemot. D’un côté le patron de Vivendi, à la tête d’une cagnotte de milliardaire en euros, de l’autre le boss d’Ubisoft, la société de jeux vidéos créee à Carentoir (56) et qui figure aujourd’hui dans le gotha mondial de ce secteur d’activité. La cause des tensions ? Bien sûr l’entrée en force de Bolloré dans le capital d’Ubisolf et Gameloft (autre composante du groupe Guillemot), opération où le Quimpérois semble avoir mis autant de délicatesse que Stallone ouvrant une porte à grand coup de ranger avec sa mitrailleuse lourde sous le bras. Du brutal ! C’est ce qu’affirme Yves Guillemot, après les deux opérations menées par le financier du département voisin. D’abord l’annonce d’une prise de capital de 6,6% le 15 octobre, par Videndi, la société de Bolloré, puis quelques jours plus tard la montée à 10,39% du capital dans une seconde séquence-express d’acquisition d’actions ( quelque chose comme 400 millions d’euros au total) a fait passer le Quimpérois au rang de premier actionnaire d’Ubisoft et troisième de Gameloft.

« Nous avons vécu cela comme une agression », tempête Yves Guillemot en indiquant qu’il n’a été informé de l’arrivée en force de Bolloré que deux heures avant. « Nous n’avons pas besoin des milliards de Vivendi. Nous voulons garder notre indépendance pour notre réactivité et notre liberté de ton », a-t-il confié aux Echos.

A l’échelle du pays, cette embrouille bretonne est à l’image de ce qui se passe actuellement sur la planète où l’afflux de liquidités provoque des grandes manœuvres de fusions-acquisitions ou de prises de participation spectaculaires, comme sur Telecom Italia où se joue une drôle de partition franco-française dans laquelle on retrouve justement Vincent Bolloré aux premières loges. Il détient déjà environ 20% des actions. Mais voila-t-il pas qu’un autre Francais, Xavier Niel, l’emblématique patron de Free, est entré dans le jeu en faisant l’acquisition de 15% des actions de la société de télécoms, provoquant sur le champ une réaction des autorités italiennes se demandant justement à quel jeu jouent les deux Français. Sauf qu’ici on n’est pas dans un jeu vidéo mais au cœur d’une activité stratégique pour le pays. Niel a donc été prié d’abattre rapidement ses cartes par les autorités de la concurrence italienne qui se demandent s’il n’y a pas entente entre les deux Français là où on a d’abord vu l’amorce d’un bras de fer. Dans la haute finance, en ce moment, il n’y a parfois qu’un pas entre embrouille et entente.

René Perez
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