Le blues des festivals bretons

Au printemps de 2020, quand la perspective d’une annulation des festivals bretons d’été devenait inéluctable, tout le monde s’était résigné et aussitôt reporté sur 2021. Céline Dion et compagnie se donnaient rendez-vous un an plus tard. Et personne ne pouvait imaginer que l’été 2021 serait presque aussi calamiteux que celui de 2020 tant l’épidémie déclinait à l’approche de l’été. L’affaire paraissait réglée et le professeur Raoult l’annonçait doctement : le Covid 19 c’est comme Capri, c’est bientôt fini.

Peau de balle ! Un an après, le brouillard est toujours épais et les projections sur l’été à venir sont très hasardeuses, tant le Covid nous a maintenant habitués à des contrepieds inattendus. Les virus mutants lui ont redonné le second souffle et les festivals bretons ont perdu le leur. L’annonce des jauges à 5.000 spectateurs, des bars et restos peut-être verrouillés et des spectateurs assis les a replongés dans un blues de fin de soirée. Comment trouver un modèle économique quand on vous annonce qu’il faudra vous passer d’une grande partie des recettes et prévenir les spectateurs qu’ils devront rester le derrière par terre comme à une soirée scout ?

Hormis les Vieilles Charrues qui ont presque aussitôt annoncé dix soirées de concerts avec une jauge de 5.000 chaque jour, personne n’a vraiment de formule alternative. Et tout le monde s’inquiète, d’autant que le salut ne viendra pas de la vaccination. À l’allure où elle avance, les jeunes ne seront pas encore passés à la double piqûre protectrice dans cette fenêtre de mi-juillet à mi-août qui concentre l’essentiel du programme festivalier breton.

On reste donc encore dans le brouillard, situation pas vraiment compatible avec l’organisation des manifestations qui se préparent généralement un an à l’avance. Il faudra donc improviser, dans les deux mois qui viennent, pour monter une programmation et une organisation qui tiennent la route sans mettre trop en péril les finances de chaque festival. Pas simple.

Alors il faut croiser les doigts et espérer que la baisse récente du virus dans le monde, annoncée et saluée par l’OMS, va s’accentuer avec l’arrivée du printemps et dégager un horizon encore très encombré. Pour les organisateurs mais aussi pour les villes-hôtes de ces festivals dont l’économie locale a elle aussi besoin de cette bouffée estivale. À Carhaix pour les Vieilles Charrues ou Lorient pour le Festival interceltique, c’est par millions d’euros que se chiffrent les retombées de ces grands rendez-vous de l’été.

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