Belle-Île-en-Mer, côte sauvage

Belle-Ile-en-Mer. Les raisins de la colère

Planter de la vigne à Belle-Ile-en-Mer, c’est déjà un événement en soi. Mais provoquer une levée de boucliers via une pétition ayant déjà recueilli sept fois l’équivalent de la population de l’île, voilà qui sort doublement de l’ordinaire.

De la vigne, pourtant, il y en a déjà eu sur cette terre de 15 kms de long. Mais il ne s’agissait que de petites parcelles ne produisant probablement qu’une petite piquette à usage strictement personnel. Les vignes ont disparu. Mais elles reviennent en force, portées par un investisseur classé dans le Top 50 des grandes fortunes françaises, Christian Latouche, P-DG de Fiducial une société de service aux entreprises. Déjà propriétaire viticole, il a lancé en 2017 un projet de vignoble de sept hectares sur l’île emblématique du Morbihan, s’inscrivant ainsi dans un mouvement régional. Avec le réchauffement climatique, les projets se multiplient en Bretagne et même les îles n’y échappent pas.

Et c’est là le problème. Ici la terre est rare et la sensibilité aux projets fonciers bien plus exacerbée que sur le continent. Alors au moment où s’ouvre l’enquête publique pour l’exploitation d’un vignoble, une pétition a été lancée par l’association La Bruyère vagabonde, résolument opposée au lancement d’une exploitation. Et elle fait un carton ! En quelques jours, disent ses initiateurs, elle a déjà recueilli 35.000 signatures, un total impressionnant quand on sait que l’île ne compte qu’un peu plus de 5.000 habitants. Mais elle est aussi le siège de 5.000 résidences secondaires, ce qui laisse supposer la force de frappe pétitionnaire de tous ces résidents qui semblent mobiliser des signatures même en dehors des frontières françaises. Elles viennent de plusieurs pays d’Europe et même d’Amérique.

Natura 2000

Publiée sous forme de lettre ouverte au préfet, cette pétition s’oppose à « la création d’une exploitation viticole de grande ampleur à Belle-Ile, dont plusieurs hectares prévus sur des terrains classés en zone Nature 2000 ».

Sur ce point, la préfecture a déjà répondu préalablement en indiquant que « Le Code de l’environnement prévoit la possibilité pour les projets de se développer dans les sites Natura 2000 dès lors qu’une évaluation met en évidence l’absence d’incidence significative sur les espèces et habitats ayant justifié la désignation du site Natura 2000. Dans le cas contraire, le projet serait refusé ».

Et les auteurs de la pétition d’additionner les griefs à l’encontre d’une exploitation sur ces terres classées : projet financier n’ayant rien de bellilois alors qu’une quarantaine d’agriculteurs sont installés sur l’île, emploi de produits phytosanitaires à grande échelle, atteinte à la beauté du paysage, emprise foncière qui portera sur une vingtaine d’hectares et non sept comme annoncé…

L’enquête publique est ouverte. Elle s’annonce animée. 

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1 Commentaire
  1. Jeanluc Jodelet

    Quelle stupidité de s’opposer à un projet original mais bien ficelé et valorisant l’agriculture et l’économie locale d’une façon autre que le tourisme
    Un peu de diversification ne peut faire que du bien

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