Belle-Ile-en-Mer va rouler à l’électricité solaire

Le périmètre d’une île est idéal pour mener une expérience comme celle-là. Elle suppose un territoire étroit, une bonne implication des populations locales et une organisation huilée car, au départ, elle fait un peu usine à gaz pour faire rouler des voitures électriques.

Le projet, c’est le groupe automobile Renault qui le mène avec plusieurs partenaires comme Enedis et Morbihan Energie. Le principe : faire rouler des voitures électriques en autopartage, sous forme de location libre service. Et Belle-Ile-en-Mer s’y prête bien puisque la location de voitures pour visiter l’île est une des activités principales sur le port.

Jusque-là, c’est simple et pas très novateur. Cela le devient quand on sait que les dix véhicules de type Zoe et Kangoo ZE viendront se recharger dans des bornes électriques intelligentes lorsque de l’énergie renouvelable est disponible, et la nuit de préférence quand le réseau électrique n’est pas très sollicité. Et on entre dans l’innovation quand on apprend qu’une dizaine de bâtiments vont être équipés de panneaux solaires et qu’une partie sera stockée pour alimenter ces bornes intelligentes. Et comment se fera le stockage ? Dans des batteries de seconde vie qui ont déjà été utilisées sur des véhicules électriques et qui sont arrivés en fin de vie. Mais au lieu de les jeter, on les réemploie comme batteries de stockage de cette électricité solaire, qu’elles renvoient vers les bornes intelligentes, elles mêmes chargées d’alimenter les batteries des véhicules électriques.

Dans des iles soumises à des contraintes d’alimentation en électricité, ce système relativement complexe ouvre des voies nouvelles. Le groupe Renault le mène déjà également sur une île portugaise. Il va permettre, en 2019, de mener un test grandeur nature permettant d’abord de savoir si le système est viable et dans un second temps, de voir s’il est transposable sur des territoires du continent.

Cette opération, baptisée Flexmob’île, témoigne en tout cas que la transition écologique va nécessiter beaucoup d’inventivité pour remplacer un parc nucléaire français tellement prédominant qu’il a jusqu’à présent freiné toutes les voies de l’innovation.

René Perez
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