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Ce bateau breton tiendra-t-il la route ?

Si vous rêvez de posséder un bateau mais que vous pensez qu’il vous faudra dix ans pour décrocher une place sur un ponton plus surbooké qu’un Boeing américain, ne désespérez pas. La solution viendra peut-être de Tringa. C’est ainsi qu’a été baptisé le projet de bateau amphibie imaginé par un Breton de Perros-Guirec portant justement le patronyme de Guirec Daniel.

Des bateaux amphibies, allez-vous dire, ça existe déjà. Oui, mais ils ne sont autorisés à rouler que sur l’estran et pas sur les routes. L’exploit du Perrosien ce n’est pas tant d’avoir conçu les plans de ce véhicule terre-mer, que d’avoir obtenu l’autorisation de le faire rouler sur route où sa vitesse n’excèdera cependant pas celle d’un bon tracteur. C’est en effet dans la phase administrative que réside jusqu’à présent la meilleure performance de Guirec Daniel car, plus déterminé qu’un alpiniste à l’assaut de l’Everest, il est parti à la conquête de la haute administration, souvent plus inaccessible que l’Himalaya.

Et que croyez-vous qu’il advînt ? Il a réussi à convaincre quatre ministères différents (Transports, Justice, Intérieur, Environnement) que son navire de plaisance peut rouler sur route. Au point qu’en janvier dernier, un décret est paru au Journal officiel autorisant ce véhicule à emprunter des axes routiers, à condition de posséder le permis B et de déclarer en préfecture l’itinéraire qu’empruntera régulièrement ce véhicule pour rejoindre la mer.

Permis B et déclaration en préfecture

Equipé de deux moteurs – un pour la route, un pour la mer – ce navire amphibie routier est prévu pour quatre places. Ses trois roues rétractables disparaissent quand il est sur l’eau où il peut naviguer à 30 nœuds, affirme son concepteur. Maintenant que tous les plans sont achevés, le premier prototype va être construit par des fabricants choisis dans l’Ouest. Ce bateau, comparable à un navire équivalent de haut de gamme, selon son concepteur, sera commercialisé autour de 90.000 euros. Pour ceux qui n’ont pas de ponton ou pas de port de plaisance près de chez eux, c’est un prix envisageable pour un amoureux de la mer, surtout quand on sait ce que coûte un emplacement de ponton dans certains ports de plaisance.

Et comme il ne manque décidément pas d’ambition, Guirec Daniel compte même se lancer sur le marché américain, près de 30 fois plus porteur que le marché français. Pari ambitieux ? Assurément non. Quand on a réussi à passer tous les obstacles de l’administration française, plus rien n’est impossible…

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