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Des bars finistériens décrochent l’ouverture jusqu’à 2 h

La Bretagne, région la plus égalitaire de France dans de nombreux domaines, ne l’est pas vraiment dans les horaires de fermeture des bars. Exemples : dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan c’est 2 heures du mat’ alors que dans le Finistère, l’extinction des feux, c’est 1 heure. Point barre. Ce qui depuis longtemps provoque la grogne des professionnels, surtout l’été, à l’heure du « money time » comme disent les Américains. Cette période où on peut remplir les tiroirs caisse, comme autant de noisettes accumulées pour pouvoir plus facilement passer l’hiver.

Mais les choses changent. Doucement mais sûrement. Il aura fallu pour cela une étude indiquant que le Finistère manque d’attractivité auprès de la clientèle touristique jeune, justement à cause de cet horaire de fermeture des bars. Etude réelle ou tirée de la pompe à pression ? Toujours est-il que le préfet du Finistère vient de donner son autorisation pour que les bars finistériens, comme ceux des départements voisins, ferment à 2 heures du matin durant l’été, du 15 juin au 31 août.

Mais attention, ce n’est qu’un premier pas. Il ne concerne que les communes touristiques ou classées tourisme (une cinquantaine dans le département, dont Brest et Quimper) et sous réserve que le maire donne lui aussi son accord. S’il refuse, c’est niet pour tout le monde ! Si cette heure sup’ ne donne pas lieu à dérives, elle pourrait être étendue plus tard à tout le département.

La plus forte densité de discothèques

Mais d’où vient donc cet ostracisme à l’égard des bars finistériens ? Peut-être tient-elle à la particularité du Finistère qui, dans les années 70-80, était le premier département de France en nombre de discothèques dont beaucoup ont fermé depuis. Cela générait une vie nocturne animée, parfois très débridée mais aussi fortement accidentogène. C’était l’époque où on enregistrait jusqu’à 16.000 morts sur les routes (1973) contre 3.000 environ actuellement et la jeunesse finistérienne était particulièrement touchée en raison de la forte densité de discothèques et des mauvaises habitudes de consommation d’alcool avant de prendre le volant. Le retour de bâton fut brutal et c’est probablement là qu’il faut aller chercher ce serrage de vis sur la vie nocturne du département.

Pierre Vincent
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