Pêche. N’achetez pas de bar !

Des pêcheurs-ligneurs ont lancé le mouvement, des consommateurs ont relayé et certaines enseignes s’y mettent à leur tour : il ne faut pas acheter de bar en ces mois de février et mars. C’est la réponse la plus appropriée pour dissuader ceux qui enfreignent les règles en allant faire des razzias sur les bancs de bars en cette période de frai où ils se rassemblent pour se reproduire. C’est le moment de l’année où le poisson-roi de Bretagne est le plus vulnérable. Lui, d’ordinaire solitaire et combatif, se laisse prendre en quantités astronomiques par des chalutiers pélagiques quand ils se met en bancs serrés. Et on sait qu’en certaines circonstances, les quantités étaient telles qu’elles donné lieu à des ventes à prix de retrait pour finir en alimentation animale.

Le résultat, on le connaît. Au nord de l’île de Sein, les pêcheurs ne peuvent plus pêcher le bar, sinon en technique du « no kill ». On ne tue pas, on rejette à l’eau. La décision prise l’an dernier par les autorités européennes a secoué tous les milieux de la pêche. Et singulièrement les plaisanciers qui, en quelques années, ont progressivement vu fondre leur quota journalier. D’abord 5 bars, puis 3 puis 1 puis ce 0 pointé, aboutissement d’une raréfaction de la ressource dont les habitués ont pu voir les effets. Dans nombre de secteurs, le bar semble avoir disparu. Envolé.

En Bretagne-nord et Normandie, le mouvement de boycott des achats de bar progresse de jour en jour. Au fil des ans, dans tous les secteurs de vente, les consommateurs ont compris à quel point les actions concertées peuvent peser aussi lourd que des interdictions, encore plus difficilement sanctionnables dans des espaces marins aussi vastes. La meilleure solution, c’est donc de ne plus acheter de bar en cette période de reproduction pour que cette espèce emblématique de la Bretagne ait une chance de traverser sans trop de dommages la seule période de l’année où elle reconstitue ses effectifs.

René Perez
11 Commentaires
  1. Leleu claude

    Encore les plaisanciers qui paient les pots cassés des chalutiets pelagiques tenus par des « professionnels « soit disant sans scrupule. Et que fait l’Europe pour prendre des mesures responsables vis a vis de cette peche intensive et sans discernement ? Comme d’hab taper sur le pêcheur de ligne où sur les plaisanciers. En tout cas pour toutes les espèces et non seulement le bar il faut interdire les prélèvements sous quelle forme que ce soit pendant la période de reproduction je pense qu’il n’y a pas besoin d’avoir faire l’ENA pour comprendre que c’est l’unique solution pour préserver les espèces.

    • Quintin dudier

      La pêche au bar pour les plaisanciers reste un loisir. Mais delà à leur interdire toute prise , ce n’est pas normal. Ces décisions prises par des ronds de cuir qui ne connaissent rien au loisirs , devraient étudier un peu plus . Passer moins de temps à bouffer et travailler davantage le sujet. Les stocks de bar , qu’ils soient à l’est , à l’est , au nord ,au sud , du 48 ème, sont les mêmes , les bars ne connaissent rien à la géographie et n’ont pas de frontières. Ils faudrait peut être signaler ça à tous ces décisionnaires de pacotille. Il serait plus simple de nous demander à nous , les plaisanciers de prélever intelligemment en se limitant à un certain nombre par an . Une distribution de bracelets à retirer chez les marchands d’article de peche ( gratuits) permettrait un contrôle plus précis des captures . Et ensuite utiliser ces donnees pour prendre une décision intelligente. Je pêche en cotes d’armor sur la région d erquy .

  2. Marlin

    Bonsoir,
    Depuis peu, il devient difficile pour beaucoup de pelagiques de pêcher le bar sur les zones de fraies.
    En effet le poisson pour X raisons semble ces derniers temps avoir modifié son comportement en préférant se positionner vers le fond au lieu de la pleine eau jusqu’en surface.
    Par conséquent les pelagiques changent de zones et sont remplacés sans surcis par les fileyeurs qui s’en donnent à cœur joie.
    La façade Atlantique, depuis mi décembre, grâce à marinetraffic permet de repérer les regroupements de feleyeurs sur zones très prices à portée d’AIS jusqu’en Gironde….
    Donc pas de repi pour le bar si ce n’est par le plaisancier.

  3. Dhedin

    Oui mais toi aussi ! Quelque poissons c’est pas trop grave mais si ont fait tous comme toi il y aura plus de poissons pour les enfants !

  4. Grandmarcel

    Bonjour, il est faux d’affirmer que le bar part à la farine. Il n’y a pas de prix de retrait du bar, et quand il y en avait, il n’y a quasiment pas eu de retrait sur cette espèce, hormis de rares cas, souvent dus à des problèmes techniques sur les chambres froides.
    Néanmoins c’est une bonne chose de ne pas consommer une espèce menacée pendant sa période de reproduction.

  5. Philus

    L’impact du prélèvement de la pêche de loisir est dérisoire comparé à ce que font les chalutiers …
    Même si on ne mange plus de bars localement, rien ne les empêchera de tout vendre à l’export et de continuer le massacre! Avec des raisonnements aussi stupides, bientôt c’est la pêche de loisir qui disparaîtra avec elle toute l’économie liée à ce loisir si nécessaire… En route vers la fin d’un monde, merci l’Europe!

  6. Djinoblue

    Tout à fait d’accord avec vous,l’an passé j’ai pris 35 bars en rade de Brest tous relâchés pas un de maillés merde à l’europe des technocrates

  7. Arthur

    Ah ben oui c’est l’Europe bien sûr…la responsabilité individuelle des gens qui pêchent des espèces sensibles durant sa période de reproduction n’ont bien sûr aucun libre arbitre. Éviter des comportements dérangeants tant qu’ils ne sont pas interdits par la loi, quelle idée! Et on passera sur les politiques nationaux et locaux qui peuvent très bien prendre des lois plus contraignantes que l’Europe ou arrêter de faire du lobby pour augmenter les quotas, réduire les tailles et allonger les période dès que possible…

  8. Langot

    Bonjour à tous ,
    J’ai lu avec grande attention tous les commentaires et bien entendu je suis pleinement d’accord avec tout ce qui est dit …
    Je suis moi même pêcheur plaisancier en Normandie où nous sommes au même régime sec concernant les prises de bar qui se font plus rares et surtout pour des poissons de bonnes tailles …
    Le No Kill n’est pas du tout gênant mais de temps en temps une belle prise dans l’assiette est la récompense et permet de faire partager notre passion à la famille ou aux amis …
    Je suis plus que ravis de voir enfin une bonne initiative qui doit être relayée et commentée le plus largement possible à tous les consommateurs afin de faire comprendre aux incompétents dans ce dossier que la solution n’est pas le report vers la plaisance qui même si parfois quelques uns débordent n’est absolument pas responsable de ce déficit causé par les sois disant PROFESSIONNELS et les POLITICIENS en charge de ce dossier …

    Le BOY COTT est certainement la l’action la plus efficace pour que soit revue le dossier de la pêche qui malheureusement ne s’arrete au BAR mais à l’ensemble des espèces de la mer qui est une ressource vitale pour l’homme …
    Alors à tous je nous souhaite encore de belles prises et surtout une vraie loi intelligente sur pour préserver notre BAR bien aimé de tous ….
    Un Pecheur Plaissancier de Port Guillaume

    LULU

  9. CB

    Il faut avoir le courage des canadiens qui ont interdits toute pêche de la morue il y a bientôt 30 ans. Il semblerait que la survie de l’espèce soit assurée de^puis peu mais il n’est pas question de la pêcher à nouveau. Le réchauffement climatique et la diminution de l’oxygène dissous dans l’eau va aussi, en plus de la surpêche, crée des ravages sur d’autre pêcheries. Le maquereau commence à se faire rare en Manche.

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