Bar. De l’oxygène pour le poisson-roi

Mauvaise année ! Dans les ports de pêche bretons comme sur les pontons des plaisanciers, le constat est le même : le bar n’est pas là. La ressource semble s’être singulièrement tarie en cette année 2016 et la faiblesse des prises confirme la raréfaction de l’espèce sur les côtes bretonnes ou normandes.

Les premières mesures prises l’an dernier par la commission européenne n’ont pas fait de miracles. Il va falloir quelques années pour que le poisson-roi de la Bretagne, à la croissance lente, retrouve une bonne densité démographique. Pour y parvenir, la Commission européenne s’apprête à passer la seconde couche.

Après une série de mesures déjà enclenchées l’an dernier, elle vient d’émettre ses propositions pour 2017 où elle proscrit la pêche au bar à grande échelle. Au nord de la pointe du Raz, les pélagiques et les fileyeurs seront purement et simplement interdits. Il est vrai que le passé ne plaide pas pour eux : certaines pêches miraculeuses, y compris en période de fraie, ont fait des dégâts dans les stocks et marqué durablement les esprits. Mais il ne s’agit encore que de propositions et on se doute que les professionnels concernés vont faire le forcing auprès de leurs pouvoirs publics pour amender ces restrictions. Pour les chalutiers de fond et les senneurs, de nouvelles limitations devraient également entrer en vigueur allant jusqu’à la limitation mensuelle à une tonne.

Seule la pêche à la ligne sort renforcée de ce nouveau tour de vis. Les ligneurs professionnels disposeront d’un quota annuel de 10 tonnes, plus souple que le précédent régime à 1,3 tonne par mois. Quant aux plaisanciers, ils décrochent les dix bars par mois au lieu du bar quotidien jusqu’ici ,préconisé et qui ne faisait pas les affaires de ceux qui ne sortent que très occasionnellement.

On n’en est pas au stade de l’Irlande qui a fait le choix de réserver le bar à la pêche récréative mais, de toute évidence, les filets se resserrent sur les engins jusqu’ici autorisés à traquer cette espèce qui bénéficie d’une autre protection : comme l’an dernier, et sans doute pour longtemps, la pêche sera totalement interdite à tous pendant la période de fraie, en février et mars. Une mesure qui aura mis du temps à devenir obligatoire pour tous. Les ligneurs furent les premiers à se l’imposer et les stocks ne seraient pas où ils en sont si cette mesure de bon sens, et aujourd’hui d’urgence absolue, avait été mise en œuvre en temps voulu.

René Perez
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