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Contrat avec l’Australie. Une décision brutale qui secoue la filière navale

« C’est une décision brutale qui ressemble à ce que faisait Monsieur Trump ». Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et ex-ministre de la Défense était particulièrement remonté jeudi matin, après l’annonce du retrait de l’Australie du contrat du siècle signé avec la France pour la livraison de douze sous-marins conventionnels. Ce contrat, consolidé depuis 2016 et portant sur 56 milliards de dollars, semblait ne plus pouvoir être remis en question tant l’Australie avait donné sa parole et toutes les assurances qu’elle tiendrait son engagement.

La main de Boris Johnson

Mais il faut croire qu’en matière militaire, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent puisque les Australiens ont décidé de s’asseoir sur ce contrat et de changer de partenaires. Ils viennent en effet de signer un « partenariat de sécurité » avec les États-Unis et la Grande-Bretagne portant sur la zone indopacifique et visant très clairement les velléités chinoises. Et ils ont pris prétexte de ce nouveau partenariat pour indiquer que le contexte change et qu’il nécessite une réorientation des engagements d’armement.

La France a très amèrement réagi en marquant son incompréhension à l’égard de la position de Jo Biden mais il est clair que derrière ce coup de Trafalgar, il faut surtout voir la main de Boris Johnson. En raison du Brexit, il a récemment signé un contrat de partenariat économique avec l’Australie en indiquant que ce pays devenait un nouveau partenaire majeur. Et on imagine qu’il n’a pas manqué de mettre les sous-marins construits avec la France dans le panier des engagements réciproques et plus ou moins secrets.

Construits en Australie

Ce contrat engageait toute la filière française et c’était une formidable opportunité de faire progresser l’ensemble de la technologie navale tricolore. Mais il faut tout de même en relativiser l’impact. Dès le départ, les Australiens avaient bien verrouillé le contrat. Ces sous-marins ne devaient pas être construits en France, mais bien en Australie et s’accompagner de très importants transferts des technologies. Dès l’origine, au moment où l’enthousiasme était unanime autour de cette signature, les syndicats avaient tenu à en relativiser la portée réelle, notamment à Cherbourg où sont habituellement construits les sous-marins.

C’est bien en Australie que 6.000 emplois étaient programmés pour cette réalisation et les syndicats français craignaient que la portion soit très congrue pour eux, du moins pour la construction de ces sous-marins. Jeudi, ils relativisaient donc l’impact de cette rupture tout en reconnaissant qu’une petite partie d’un énorme contrat, cela fait tout de même pas mal.

René Perez
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