Attentats. Quel impact sur la consommation ?

Les commerçants bretons ne l’ont pas oublié : après l’attentat contre Charlie-Hebdo en début d’année, leurs ventes se sont effondrées pendant au moins deux semaines, torpillant le mois de janvier qui se traduisit pour certains par une perte de 30 à 40% par rapport au même mois de l’année précédente. Des événements de ce type n’impactent pas seulement la capitale. L’effet psychologique irradie tous les pays et on sait d’expérience que les périodes d’inquiétudes ou d’incertitudes, voire même de simples périodes électorales se traduisent au minimum par des reports d’achats, au pire par des annulations pures et simples.

Cette série d’attentats de novembre ne fera pas exception à la règle. Certes, la Bourse, cette fois, a fait preuve de plus sang froid qu’au lendemain de Charlie-Hebdo, comme si elle organisait elle aussi une forme de résistance au terrorisme. Mais va-t-elle tenir longtemps sans prendre à son tour un gros coup au moral ? A court terme, c’est surtout du côté de la consommation que vont se concentrer les regards car on entre dans la période la plus chargée de l’année en achats et par ricochet, la plus pourvoyeuse d’impôts pour l’Etat. Faut-il rappeler que malgré tout ce que l’on entend à propos de l’impôt sur le revenu ou sur le fortune, la principale recette fiscale de l’Etat, c’est la TVA ? Plus de 140 milliards espérés pour l’année. Près de deux fois l’impôt sur le revenu et trente fois l’Impôt sur la fortune.

On imagine les conséquences pour les finances de l’Etat si la consommation, elle aussi, se met en berne en cette fin d’année alors que le gouvernement doit racler les fonds de tiroir pour tenir certains engagements. François Hollande a certes prévenu Bruxelles qu’il préfère « un pacte de sécurité à un pacte de stabilité » et qu’il faut donc s’attendre à un creusement du déficit. Mais bien des industriels et commerçants, eux, ne peuvent se permettre de laisser filer leur chiffre d’affaires et ont donc quelques légitimes inquiétudes à l’approche de Noël. Et pas seulement à Paris.

René Perez
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