Assemblée générale de la FNP. Les éleveurs de porcs retrouvent le moral

Vache qui pleure et porc qui rit. Après 10 années de crise les éleveurs de porcs retrouvent le moral. Le prix à la production tutoie désormais 1.50 euro/kg, alors qu’il était à 1.05 euro/kg , il y a moins de six mois. En effet le marché européen a retrouvé un certain équilibre entre l’offre et la demande. Et malgré le repli de la consommation partout en Europe, l’Asie, et en particulier la Chine, a pris le relais à l’export de la Russie toujours sous embargo. Guillaume Roué, éleveur dans le Finistère et président de l’interprofession porcine, Inaporc, veut croire au retour du cycle du porc qui annoncerait des prix soutenus pendant 12 à 15 mois.

Quant à Paul Auffray des Cotes d’Armor qui vient d’être réélu à la présidence de la Fédération nationale porcine pour un mandat de trois ans, le 13 juin à Paris il voudrait profiter de cette embellie pour remettre l’élevage sur de bons rails. En effet, les éleveurs ont payé un lourd tribut à la crise : ils sont nombreux à avoir renoncé et la production nationale a reculé de 10 % au profit de nos concurrents allemands et espagnols. Le premier dossier porte sur le renouvellement des générations et l’installation des jeunes pour lesquels il faut trouver des solutions quand on sait que le ticket d’entrée dans la profession est de l’ordre de 1 à 1,5 million d’euros.

Le bien-être animal : nouvel enjeu

Les questions environnementales et les nitrates en particulier, sont toujours prégnantes. S’y ajoute désormais la qualité de l’air pour les grands élevages. Mais un nouveau sujet s’invite dans les débats avec la société, celui du bien être animal. Car au-delà du traitement et des soins à donner aux animaux, c’est la consommation de viande qui est visée. En attendant, les éleveurs souhaiteraient la mise en place d’un fonds structurel alimenté par une taxe à la consommation, dont les ressources seraient redistribuées aux éleveurs en cas de crise qu’elle soit économique, sanitaire ou environnementale. De quoi alimenter la réflexion pour la prochaine Pac.

Dans l’immédiat, ce sont les ratés de l’étiquetage d’origine des viandes qui préoccupent les éleveurs. Paul Auffray a déploré « une forme de lâchage du porc français » par les opérateurs de la filière au profit d’achats espagnols ou autres. En tous cas un excellent sujet qui devrait nourrir les débats des prochaines Assises de l’Alimentation sur le partage de la valeur ajoutée dans la filière et sa remontée à l’éleveur

Michel Bourdoncle – Agence Socopag
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