cmb

ARKEA. Marc Brière :  » Plus des deux tiers des entreprises de la région sont en relation avec nous »

En plein cœur du conflit qui oppose le Crédit Mutuel Arkéa au Crédit Mutuel-CM11, alors que le groupe breton accumule les soutiens (une pétition lancée sur internet va bientôt atteindre les 35 000 signataires), Bretagne Bretons fait le point sur le poids du Crédit Mutuel Arkéa dans l’économie régionale et ses relations avec les entreprises bretonnes.

Entretien avec Marc Brière, Président du Directoire d’Arkéa Capital, la filiale de capital-investissement du groupe Arkéa.

Bretagne-Bretons : Au capital de combien d’entreprises bretonnes Arkéa Capital figure-t-il ?

Marc Brière : En Bretagne, nous sommes présents au capital d’une vingtaine d’entreprises. Nous avons, par ailleurs, beaucoup investi en dehors de la Bretagne, puisque notre portefeuille a désormais une dimension nationale avec quelque 80 entreprises.

Avez-vous des secteurs d’activité privilégiés ?

Nous sommes ouverts à tous les marchés. Nous entretenons des relations très fortes avec les secteurs économiques dits classiques ou traditionnels qui savent aussi fortement innover et sommes également convaincus que l’industrie a encore un bel avenir en France.

On associe généralement Crédit Mutuel Arkéa et digital…

En effet, Arkéa soutient et investit beaucoup dans les startups et les fintechs. En 2017, notre groupe représentait près de 30 % des montants investis dans les Fintechs françaises. Nous gérons, par ailleurs, un fonds spécialisé pour l’économie numérique : West Web Valley.

En parallèle, nous accompagnons et soutenons également des PME de l’industrie ou des services. Nous avons une vraie expertise pour accompagner ces métiers qui permettent de faire émerger des leaders européens voire mondiaux. Il faut préserver et aider ces entreprises à grossir, et ce avec l’apport de fonds propres.

Peut-on dire du Crédit Mutuel Arkéa qu’il est un acteur incontournable de la vie économique Bretonne ?

Arkéa alloue 17 % de ses fonds propres au Capital-Investissement et plus des deux tiers des entreprises de la région Bretagne sont en relation avec Arkéa.

En plus des nombreuses prises de participation orchestrées par notre filiale Arkéa Capital, le groupe est plus globalement un acteur qui investit et s’investit sur son territoire. Il est partenaire du monde sportif (Stade Rennais, FC Lorient…), de l’enseignement supérieur (Télécom Bretagne, Ensai, Brest Business School, UBO, Université Rennes 1…) ou encore de la vie culturelle (Festival des vieilles charrues, Le Quartz…) en Bretagne, sans oublier le Massif-Central et le Sud-Ouest. C’est tout un écosystème que le groupe Arkéa a créé et qu’il est important de préserver.

Pourquoi avez-vous mis en place une politique d’investissement sur le long terme ?

Nous sommes convaincus que les entreprises ont besoin pour se développer d’avoir, d’une part, une vision sur le long terme, et d’autre part, une stabilité de leur actionnariat.

Les fonds d’investissement plus classiques ont des rotations de leurs participations tous les 4/5 ans le plus souvent. Cette politique d’investissement à court terme booste la performance des entreprises en quelques années mais ne permet pas aux dirigeants de mettre en œuvre des projets de développement sur le long terme, dont le retour sur investissement est supérieur à 4/5 ans. Nous sommes persuadés qu’il faut adapter la durée de présence au capital des entreprises sur la durée de maturité des projets que les entrepreneurs mettent en œuvre. Pour ce faire, il faut être capable de s’adapter à la durée du projet. En résumé, privilégier le capital patient !

Cette politique est-elle plus efficace qu’une politique d’investissement classique ?

Nous sommes convaincus que notre politique d’investissement durable permet à de beaux projets de voir le jour et de grandir ; des projets qui n’auraient pas existé si leurs actionnaires avaient des visions à plus court terme.

En quittant éventuellement le giron de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM), le Crédit Mutuel Arkéa investira-t-il davantage dans les entreprises de la région ?

Le groupe Arkéa est depuis toujours une locomotive économique pour les territoires. Il est un investisseur de premier plan pour les entreprises de toutes tailles et un partenaire de poids pour les collectivités. Je rappellerai d’ailleurs que l’encours des prêts aux collectivités s’est élevé à 6,3 milliards d’euros en 2017. Nous démontrons également notre ancrage territorial en maintenant nos centres de décision en région. Deux exemples : la construction de deux nouveaux siège sociaux pour Fortuneo (Brest) et Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels (Rennes).

Notre modèle de banque coopérative et territoriale fait, année après année, la démonstration de son efficacité. Nos résultats records en 2017 en témoignent. Nous continuerons donc à défendre ce modèle et à préserver notre liberté d’entreprendre.

Quel est l’investissement dont le groupe est le plus fier ?

Il y en a plusieurs, mais je peux citer le dossier SERMETA. C’est le cas typique d’une entreprise que son propriétaire, un fonds d’investissement américain, s’apprêtait à revendre à un autre fonds d’investissement américain. Sermeta risquait alors d’être revendue à une entreprise industrielle mondiale, et ce qui aurait eu pour conséquence de fusionner l’activité de Morlaix avec une activité analogue aux Pays Bas et de provoquer à moyen terme des pertes d’emplois en Bretagne.

C’est une grande fierté pour nous de pouvoir dire, qu’en entrant au capital de Sermeta en 2014, nous avons probablement évité une délocalisation, rapatrié un centre de décision et permis à une entreprise leader mondiale, ainsi qu’à un entrepreneur de génie, de continuer à investir pour la Bretagne.

Certains s’inquiètent du fossé qui se creuse entre la région rennaise et la pointe bretonne, est-ce que vous le ressentez dans les sollicitations dont vous êtes l’objet ?

Il est vrai qu’il y a tout un écosystème qui s’est créé naturellement autour de la capitale régionale rennaise. Le Finistère est peut-être un peu moins attractif pour les startups. Nous souhaitons encourager les belles initiatives de la pointe bretonne et renforcer les partenariats pour permettre aux startups de l’ouest breton de bénéficier d’un environnement favorable dans lequel s’épanouir. C’est, par exemple, le sens des actions menées avec la French Tech Brest +, la West Web Valley et la fondation de l’UBO dont le groupe Arkéa est membre fondateur.

Julien Perez
1 Commentaire
  1. KERNINON MICHEL

    Message du « collectif du CMB aux salariés. « Vous le savez peut-être déjà, mais un rassemblement et un cortège sont en train de s’organiser le jeudi 5 avril entre Bastille et Bercy. L’objectif : interpeller le gouvernement et les médias sur l’avenir du Groupe Arkéa et obtenir son indépendance. Dans le but d’en réserver les transports, nous voulons savoir si vous en êtes ! Quelques infos : le temps passé à la manifestation constitue du temps de travail effectif ; le transport et les repas seront assurés et pris en charge par l’entreprise ; on estime un départ entre 8 h et 10 h pour un retour entre 20 h et 22 h. »

Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider