Arkéa. Une sortie presqu’aussi compliquée que le Brexit

Dans quelques semaines, les caisses locales du Crédit Mutuel Arkéa se prononceront sur le projet d’indépendance de ce groupe (Bretagne, Sud-Ouest, Massif central) souhaitant se retirer de la Confédération nationale de Crédit Mutuel. Un bras de fer largement entamé, sur lequel les autorités bancaires nationales et européennes jettent un regard sans complaisance. Le monde bancaire est bien plus habitué aux mouvements de concentration qu’aux velléités de scission et de toute évidence, la voie suivie par le Crédit Mutuel Arkéa (CMA) ne recueille pas l’avis favorable du jury.

En témoigne une nouvelle lettre confidentielle adressée au dirigeants d’Arkea par la Banque centrale européenne dont les fonctions englobent la supervision des grands groupes bancaires des pays européens. En mars déjà, elle avait part de ses préoccupations face à la démarche entamée par le groupe emmené par les Bretons et cette fois, c’est dans une longue lettre très technique qu’elle somme les dirigeants d’apporter (« dans les plus brefs délais ») des réponses plus précises que celles déjà données et des garanties sur les responsabilités qu’Arkéa devrait encore assumer, au cours des cinq années suivant une éventuelle scission.

« De nombreuses zones d’incertitudes juridiques, institutionnelles, prudentielles et opérationnelles demeurent », estime la banque centrale , en émettant «  des doutes sur la faisabilité du calendrier de sortie ». Le catalogue des demandes techniques émises par la BCE balaye presque toute l’activité du groupe, en exigeant au passage, que la Confédération nationale soit informée plus en détail sur l’ensemble de la procédure qu’entend mener Arkea. A une toute autre échelle, on se croirait dans la procédure du Brexit avec une Banque centrale, gardienne du dogme, multipliant les exigences pour contrarier cette démarche et couper à d’autres l’envie d’en faire autant.

La BCE, il est vrai, est dans son rôle. Le monde bancaire n’aime pas trop les francs tireurs. Et les dirigeants d’Arkéa savaient déjà à quoi s’attendre. Et comme pour le Brexit, un vote favorable des caisses, même à la quasi-unanimité, ne marquera pas un point final. C’est après que les difficultés vont émerger. Et de toute évidence, ce n’est pas du côté de la Banque centrale européenne qu’il faudra attendre une quelconque indulgence.

René Perez
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