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Après sa restauration à Brest, Pen-Duick va reprendre la mer

C’est le voilier le plus connu des Français. Et son nom, Pen-Duick, est définitivement associé à celui du plus célèbre navigateur français, Eric Tabarly, disparu en mer d’Irlande il y a vingt ans. Ce magnifique cotre à voile aurique est entré dans la légende maritime mais aussi dans l’histoire de la vieille marine, ces bateaux venus d’un autre siècle qui ont continué à naviguer contre vents et marées, en subissant des transformations.

Pen-Duick, lui, a bien tenu la mer mais à trois reprises, ce voilier lancé en 1898, aura vécu de longs chantiers de rénovation. En cette mi-mai, il sort des ateliers du Guip, à Brest, où huit mois de restauration complète lui ont été consacrés. L’intérieur et l’extérieur de la coque ont été entièrement rénovés, avec ouverture du pont pour pouvoir mener ces travaux d’envergure. Il est vrai que ce voilier dispose d’un statut très particulier. Il a été classé Monument historique, en 2016, ce qui lui vaut une bienveillance particulière de la part des pouvoirs publics.

Elle a été fort utile quand il s’est agi de mener ce chantier de restauration, évalué à 650.000 euros. Grâce à ce classement, Pen-Duick a bénéficié du soutien financier de la Drac, de la région Bretagne et du département du Morbihan. Mais ce ne fut pas suffisant. Pour couvrir entièrement la dépense, un financement participatif a été lancé à l’initiative de Jacqueline Tabarly, veuve du navigateur, auprès du grand public et d’entreprises qui ont reçu des bouts de Pen-Duick, taillés dans des parties extraites pour être remplacées.

A Lorient samedi

Jeudi, la veuve du navigateur et sa fille Marie étaient sur les quais de Brest, quand Pen-Duick a été sorti du grand hangar du chantier du Guip. Il a été extrait de la chrysalide plastique qui le protégeait pour être préparé à son transfert par la route jusqu’à Lorient, où il sera mis à l’eau samedi, à 16h, devant la Cité de la voile.

Les amateurs de voile seront sans doute nombreux pour admirer le retour de ce bateau de légende, celui dont Tabarly s’inspira pour construire Pen-Duick II avec lequel il gagna la transat anglaise en 1964. Mais toujours, il gardera le même attachement pour son Pen-Duick dont il avait refait la coque en 1958, avec un procédé révolutionnaire : des couches de tissu de verre et de résine polyester. Une innovation restée dans les mémoires pour rappeler que Tabarly ne fut pas seulement un grand navigateur mais aussi un précurseur de nouvelles technologies marines.

Pierre Vincent
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