Après Brest, Damen favori pour le rachat de Saint-Nazaire

Hormis Airbus, aucune autre industrie française n’a un tel carnet de commandes pour les années à venir. Les chantiers navals de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, baignent dans l’euphorie et le paradoxe. D’un côté, une bonne dizaine de paquebots à construire avant 2020, de l’autre une maison mère, la sud-coréenne STX, en pleine déconfiture financière après la chute vertigineuse des commandes de navires marchands, conséquences de la crise de 2008 et de l’actuel coup de frein sur les échanges mondiaux.

Le chantier de Saint-Nazaire échappe à la morosité ambiante car il est positionné sur un créneau très porteur : les paquebots. Les croisières sont en plein boom sur toute la planète et le savoir faire nazairien est connu dans le monde entier avec, à son palmarès, plus d’une centaine de paquebots. Et pas des moindres.

Les créanciers de STX, qui veulent récupérer quelques billes, ont mis en demeure la société mère de vendre les chantiers de l’Atlantique. Et preuve de la renommée de cette filiale française, deux candidats et peut-être trois sont sur les rangs. Si l’on excepte l’hypothèse parfois avancée et peu vraisemblable d’un groupe d’investisseurs, ce sont l’Italien Fincanteri et le Néerlandais Damen qui ont officiellement fait acte de candidatures à un rachat. Tous deux sont des spécialistes des constructions navales mais à ce jour, c’est plutôt la société hollandaise qui tient doublement la corde, du côté des principaux commanditaires de paquebots mais aussi et surtout de l’Etat français qui détient 33% du capital de STX-France. Autrement dit, une minorité de blocage et donc un éventuel droit de véto de l’Etat au moment où se fera la transaction.

Damen, n’est pas une société inconnue en Bretagne. C’est elle qui, à Brest, a repris la Sobrena, leader français de la réparation navale et poumon du port avec ses 800 emplois directs ou induits. Depuis la reprise, l’activité a retrouvé un bon rythme de croissance et la confiance est revenue. Elle n’est peut-être pas tout à fait étrangère à cette préférence accordée par l’Etat à la société néerlandaise qui semble avoir une véritable projet industriel. Et non l’objectif que tout le monde redoute pour Saint-Nazaire : le transfert de technologie sur le segment actuellement le plus porteur de la construction navale.

René Perez
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