algue

Découverte. Une enzyme pour transformer les algues vertes en bioéthanol

Au moment où des marées vertes viennent à nouveau ternir l’image de la Bretagne, le CNRS et la Sorbonne, tous deux gestionnaires du laboratoire de biologie marine de Roscoff, annoncent une découverte majeure. Avec le concours de chercheurs et allemands, ils assurent avoir découvert des enzymes capable de biodégrader l’ulvane, cette enveloppe qui recouvre les ulves, ces algues vertes responsables des marées du même nom. Le procédé, ajoutent-ils, permettrait de produire de l’éthanol, cet extrait de productions végétales qui peut être ajouté à l’essence pour produire du bioéthanol. Mais l’agro-alimentaire et la cosmétique pourraient aussi trouver d’abondantes ressources en transformant la biomasse échouée sur les plages en ressource aux multiples applications.

L’ulvane transformée

en sucres fermentescibles

« Les ulves, expliquent les deux organismes, sont un réservoir de biomolécules aux propriétés prometteuses. C’est le cas de l’ulvane, le principal sucre constitutif de la paroi des ulves. Mais l’exploitation biotechnologique de l’ulvane est actuellement difficile en raison de la méconnaissance de ses mécanismes de dégradation ».

« Dans ce contexte, ajoutent-ils, un consortium international, impliquant le Laboratoire de biologie intégrative des modèles marins de la station biologique de Roscoff (CNRS/Sorbonne Université), les universités de Brême et de Greifswald (Allemagne) et l’université technique de Vienne (Autriche), a découvert et caractérisé la voie de dégradation complète de l’ulvane chez la bactérie marine Formosa agariphila. Chez cette bactérie, douze enzymes agissent séquentiellement pour convertir l’ulvane en sucres fermentescibles, qui pourraient servir de base à la production de bioéthanol. L’équipe française du consortium a notamment étudié un type particulier de ces enzymes, les sulfatases, et déterminé leurs structures 3D ».

L’agroalimentaire aussi

Au-delà de la production d’énergie, ces enzymes permettent aussi, selon le laboratoire de Roscoff, d’obtenir d’autres types de molécules, plus complexes et à plus forte valeur ajoutée que de simples sucres fermentescibles. Ces travaux, concluent-ils, ouvrent ainsi la voie à l’exploitation biotechnologique de l’ulvane, en particulier pour l’industrie agro-alimentaire et cosmétique, transformant une biomasse considérée comme très nuisible en ressource durable.

 

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider