Alcatel-Lannion. Retour vers le futur

Info ou intox ? Quand ils ont annoncé un énième plan social en 2013, les dirigeants d’Alcatel-Lucent ont assuré que les sites de Villarceaux, en région parisienne, et de Lannion, dans les Côtes-Armor ne seraient pas touchés. Et seraient même confortés. Deux ans plus tard, il faut bien reconnaître que la promesse a été tenue puisque ces deux sites font l’objet de gros investissements d’avenir et qu’à Lannion, l’effectif est en hausse par regroupement de personnel. Et pour une fois, le mouvement ne se fait pas de la pointe bretonne vers Rennes…

9.000 m2 de nouveaux bureaux

Cité de l’innovation à Vallarceaux, campus de l’innovation à Lannion… C’est sur le même concept que ces deux infrastructures nouvelles sont créées pour devenir « les fers de lance du groupe, sur le plan international », pour toutes les technologies d’avenir qu’il s’agisse du très haut débit, des réseaux IP et de la future 5G sur laquelle Alcatel mise beaucoup.
A Lannion, c’est un investissement de 30 millions d’euros que le groupe vient d’annoncer avec la pose de la première pierre de futurs bâtiments offrant 9.000 m2 de bureaux (l’équivalent d’un terrain de foot), répartis sur dix hectares de terrains arborés pour en faire un site propice à l’imagination, la concentration et la recherche. Un peu à l’instar des espaces ouverts de certaines sociétés californiennes qui misent sur l’excellence des conditions de travail pour obtenir les meilleurs résultats. « Notre investissement à Lannion est le plus ambitieux du groupe dans le monde », assure Loïc Le Grouiec, président de la filiale française.

Transfert à contre-sens…

Dans un secteur d’activité qui fait du yoyo au gré des avancées technologiques et des coups de boutoir de la concurrence mondialisée, Lannion a largement donné. Avec ce campus, le mouvement s’inverse. C’est un retour vers le futur avec un renforcement du site lannionnais dont les effectifs repartent à la hausse ,pour atteindre 800 salariés. Non par création d’emplois mais par regroupement de 150 salariés mutés de Rennes et Orvault, près de Nantes. Ces mouvements sont toujours de vrais casse-tête pour les employés concernés mais on remarquera que pour une fois, ils ne se font pas dans le sens habituel du déménagement de la pointe bretonne. Les exemples sont hélas nombreux et le dernier en date est resté en travers de la gorge des dirigeants et élus de Cornouaille : le transfert de Quimper à Rennes, en 2016, du siège régional du Crédit Maritime avec une cinquantaine d’emplois à la clef.

René Perez
1 Commentaire
  1. Baptiste Lindsay

    Ce n’est pas très poil à gratter comme « news » pour un site qui promet de traiter l’actualité économique « autrement ».

    Vous reprenez les formules de communication d’Alcatel-Lucent. Vous oubliez carrément de rappeler que le groupe franco-américain sera vendu aux Finlandais de Nokia dans quelques mois, ce qui laisse peser de grandes incertitudes sur la vocation des sites de Lannion et Villarceaux, les derniers en France pour cet ancien fleuron des télécoms.

    Les activités dites supports (administratif) feront doublon avec le siège et ce sont donc de nouveau des dizaines voire des centaines d’emplois qui sont menacés à courte échéance.

    Nokia a bien apporté des garanties (floues), mais on sait ce que vaut la parole d’un industriel (jurisprudence Mittal).

    Alors oui, il y a bien 30 M€ d’investissement à Lannion pour de nouveaux bâtiments, dans lesquels les salariés devront partager fauteuils, bureaux et tout ce qui pourrait individualiser (humaniser) un espace de travail, qui doit être entièrement tourné vers la production. Ils ne sont pas encore sortis de terre.

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