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Arkea. Marylise Lebranchu répond

Pourquoi Marylise Lebranchu est-elle la seule personnalité bretonne à contester ouvertement la démarche de scission entreprise par la direction du Crédit Mutuel Arkea dans son conflit avec la Confédération nationale de Crédit mutuel ? Alors que le monde politique breton fait bloc, toutes tendances confondues, elle est la seule a se démarquer au point d’avoir même créé une association d’opposants. Face à cette interrogation, nous avons soulevé l’hypothèse d’affinités entre l’ex-ministre et Nicolas Théry, président de la Confédération nationale de Crédit mutuel qui fut naguère un collaborateur de DSK, proche de Martine Aubry et Marylise Lebranchu. Les relations nées alors pourraient-elles expliquer l’attitude résolument offensive de l’ex-ministre bretonne qui a curieusement fait domicilier son association au siège de la Confédération nationale de Crédit mutuel  ?

« J’ai lu l’article que vous avez publié concernant mon engagement pour le maintien de l’autonomie dans la confédération du Crédit mutuel, répond l’ex-ministre. Cette autonomie a permis de grandes réussites pour le CM Bretagne et le CM Sud Ouest réunis dans Arkéa. Sans même prendre le temps d’essayer d’échanger avec moi pour entendre les raisons de mon engagement, vous employez un argument incompréhensible pour essayer de disqualifier ma démarche : DSK.

Effectivement, il ne vous a pas échappé que j’ai porté une responsabilité ministérielle sous sa tutelle au Ministère de l’Economie et des Finances il y a 21 ans ! Vous en déduisez une théorie complotiste voyant mon engagement consécutif à la prise de fonction de Nicolas THERY, ancien collaborateur de DSK à son cabinet. Bref, deux points feraient une ligne selon vous.

Mais hélas c’est plus compliqué que cela. Au cours des dix dernières années j’ai croisé bien davantage Jean-Pierre DENIS, Président du CMB dans le cadre de mes fonctions que Nicolas THERY. SI vous aviez creusé, vous auriez remarqué que j’étais une ancienne collaboratrice de Jacques ENJALBERT, membre du board du CMB…. bref les connexions ne sont pas celles que vous suggérez.

Concernant le dossier au fond maintenant, sociétaire du Crédit Mutuel de Bretagne dès la réception de mon premier salaire il y a maintenant quelques années, j’ai été de plus en plus étonnée et interrogative devant la dureté des échanges et l’annonce d’une éventuelle scission du CMB et ce sans information particulièrement précise des sociétaires. Après des échanges avec les différents protagonistes, j’ai souhaité avec un certain nombre de sociétaires inquiets comme moi, créer une association pour fournir au débat des sociétaires d’autres arguments que les seuls en faveur d’une indépendance, de créer les conditions d’un débat qui sortent des slogans et des anathèmes.

« Une future concurrence »

Personnellement ma réflexion est le fruit de mon expérience, de mes rencontres et débats comme parlementaire et ministre avec le ministère de l’économie et des finances, la Banque de France, mais aussi, après la lecture et l’analyse au fond des propositions et arguments d’ARKEA. Je n’ai trouvé aucune raison sérieuse qui plaide pour la scission du Crédit Mutuel. Au contraire. Les caisses locales de la nouvelle banque perdront leur rôle bancaire pour ne conserver qu’un rôle d’animation. Plus grave, le Crédit Mutuel aura à assurer sa continuité territoriale et ouvrira ses caisses mutualistes sur l’ensemble du territoire breton et aquitain créant de fait une concurrence inévitable entre les deux réseaux séparés. Les caisses d’ARKEA devront entre temps rendre une partie de leurs réserves à la confédération les fragilisant de fait.

Un surcoût de concurrence avec moins de moyens je ne trouve pas que cela soit une opportunité de développement. Est-ce utile ? En quoi la Confédération a-t-elle obéré le développement du CMB ? Là-dessus, je n’ai trouvé aucun argument, les résultats bancaires même du dernier trimestre démontrant l’inverse. A Bordeaux (parce que ce n’est pas seulement un dossier breton), ARKEA vient de faire une opération de naming avec l’Arena de Bordeaux dépensant énormément d’argent. Est-ce utile aux sociétaires ? .

« Un risque »

C’est pourquoi j’en appelle à la sagesse des administrateurs. Le choix ARKEA est un risque, pour les sociétaires, pour les salariés, pour la banque elle-même.. Rester ensemble, c’est préserver la solidarité des territoires, se protéger collectivement des vents mauvais d’une éventuelle crise bancaire. Le Crédit mutuel est une certitude de développement, il l’a démontré. Attention à ne croire que ce n’est qu’un dossier entre la Bretagne et Paris, un conflit pour l’emploi comme le furent les conflits passés. Des voix s’élèvent aussi pour que Brest ne récupère pas tous les emplois des fonctions support.

Je me suis engagée parce que la Bretagne a d’autre besoin que deux ans perdus à séparer les actifs entre les deux futurs réseaux concurrents, à régler les problèmes juridiques ou financiers. Tout marche bien aujourd’hui, ARKEA a de bons résultats, pourquoi passer de l’autonomie à l’indépendance? Quelles sont les raisons réelles ? « 

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