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À l’Aise Breizh, l’entreprise qui se fait plaiz’

Basée à Morlaix, la société À l’Aise Breizh rayonne sur le textile Made In Bretagne. Lancée en 1996 et forte de 2 000 références, la marque est devenue l’un des symboles du tempérament breton ainsi qu’un signe de ralliement reconnu.

La barre des 2 millions d’autocollant franchie, Erwann Créac’h, le dirigeant, s’en surprend encore. Torr-penne et têtue, la bigoudène d’À l’Aise Breizh a déboulé en 1996, comme un gros cumulus faisant de l’ombre au Gwenn ha Du, soufflant au passage sur l’expression « à l’aise Blaise », quasi passée aux oubliettes dans la région.

Moins militantiste mais tout aussi représentatif d’une forte identité régionaliste, le logo d’À l’aise Breizh est plus cool, plus ouvert, assurément folichon. On lui colle (paradoxalement d’ailleurs) un caractère bien trempé.

A l’Aise Breizh, une histoire de potes

Aux débuts donc, s’ils voyaient leur égérie orner le derch’ d’une voiture, Erwann Créac’h et Xavier Richard saluaient automatiquement le conducteur : A l’époque, « c’était forcément un pote » qui croisait leur chemin. Puis il y a eu ce cap, où l’« on ne connaissait plus les gens qui le placardaient ».

Aujourd’hui, ça le fait encore bien sourire d’en voir à dreuz. Car il semblerait que plus l’on s’éloigne de notre petit pays, plus on est patriotique. C’est en tout cas à l’étranger que l’on s’attire le plus, et À l’Aise Breizh serait un véritable aimant à Bretons. Grosso modo: « Si t’es seul et que t’as une fringue À l’aise breizh, t’es plus seul bien longtemps », sourit Erwann Créac’h.

Bistrot, gueules cassées et brèves de comptoirs

Les créateurs Erwann Créac’h et Xavier Richard se sont rencontrés autour du festival Tamaris, l’ancêtre des Vieilles Charrues. Le premier est bénévole, le second, qui signe sous le pseudo El Globos, en illustre les affiches. Rockeurs invétérés, ils sont aussi des adeptes de l’ambiance « bistrots, gueules cassées et brèves de comptoirs ».

C’est ce spleen pour les vieux troquets et apophtegmes du centre-Bretagne qui sera à l’origine des dictons que le duo va inscrire sur ses premières pièces. Très tôt, ces deux copains de ribouldingues organiseront des vernissages dans les bars de Paname (ou « arrosages » selon le vocable des compères), avec le tee-shirt pour premier support à marrades. Pour le clin d’œil supplémentaire, le rendez-vous prendra le nom de Tournée Générale, ce qui suscitera l’attention des Parisiens et leur vaudra médiatisation et début de notoriété.

Bob Morlaix, Chez Guévarrec…

« Bob Morlaix, Chez Guevarrec, Après la pluie vient le breton, Menhirs Black » donneront les premiers grains à moudre. Le succès est enclenché, La diversification arrive vite. Une première brasserie ouvre à Vannes en 2007, une autre à Brest l’année suivante. Des QG qui font chacun entre 100 et 300 couverts jour, sur le créneau simple mais efficace de tablées familiales, avec Kig ar farz et autres spécialités de grand-mère en guise de gueuleton. A Vannes, ce sont « 800 personnes [qui] s’arrêtent chaque jour pour y boire un coup », selon Erwann Créac’h. Avec 34 salariés œuvrant sur le créneau de la restauration, À l’Aise Breizh compte désormais 120 personnes.

Tissage de l’Ouest

La partie production est dotée d’un atelier industriel de sérigraphie et de broderie qui emploie 8 salariés et permet de travailler pour le compte de leur propre marque, et pour moitié pour le compte de clients. Un équilibre que l’on tient à garder ici, dont se font écho les heureuses musiques qui tournent dans l’usine. Ici, on travaille aux sons de Pretty woman et Elle préfère l’amour en mer ! A l’aise, on vous dit.

Dernièrement, la société a fait l’acquisition de 9 métiers à tisser des établissements Gagnant. L’atelier de tissage donne désormais une âme toute particulière aux fabrications morlaisiennes. On y conçoit des rouleaux de tissus que l’on coupe, confectionne et imprime sur place. Ça file fort, jusqu’à atteindre les 100 décibels lorsque toutes les bobines tournent à la fabrication 100% fait maison de linge de maison, tabliers, etc.

Derrière l’entreprise À l’aise Breizh se cache Tissage de l’Ouest, une marque vendue dans une dizaine de pays qui représente 7 % du chiffre d’affaires, contre 15% de linge de maison sous la marque À l’aise Breizh, qui sort un total de 9 millions de chiffre d’affaires sous toutes les coutures : 2000 références, 250 000 torchons par an, 180 000 tee-shirts ou encore 150 000 paires de chaussettes, 20 magasins en nom propre et 300 distributeurs.

Chez Guevarec, le commerce se porte bien.

Manon Motir
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