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La nouvelle machine d'Agrival

Agrival. La collecte des algues vertes devient un modèle

L’Ouest breton qui sert de modèle sur la gestion des algues vertes à des représentants de Jersey, l’image en fera sourire quelques-uns. Et pourtant. Mardi 19 juillet, Agrival a accueilli à Douarnenez une délégation du Ministère de l’Infrastructure et de l’Environnement de Jersey venue s’inspirer du système de collecte d’algues proposé par la société de Plouénan. L’île anglo-normande est confrontée à la verte invasion : 5000 tonnes ont été ramassées là-bas l’année dernière.

L’équipage jersiais a donc fait le déplacement dans le Finistère pour découvrir la nouvelle machine utilisée par Agrival. Développée pendant quatre ans, en collaboration avec B2MH CONCEPT de Plouigneau, l’engin permet de récolter les algues vertes avant qu’elles ne s’échouent. Un avantage indéniable pour le traitement postérieur, puisqu’il n’y a quasiment plus de sable à filtrer. Et une avancée technologique unique qui attire donc jusqu’à l’outre Manche ou du moins, pour l’instant, la mi-Manche.

Agrival valorise les macro-algues depuis 2011

Agrival qui sert de modèle aujourd’hui donc, c’est tout sauf un hasard. Dès 2011, l’entreprise s’est lancée dans la valorisation des macro-algues. Au delà de la récolte, sa spécialité, elle s’est entourée d’industriels bretons, dont Olmix qui transforme le produit récolté, broyé et pressé par Agrival. Olmix en fait ensuite des nutritifs pour les animaux et les végétaux. Le circuit est rôdé.

Evidemment, parler d’algues vertes en Bretagne, c’est risquer d’ouvrir une discussion animée façon jour de marché dans un célèbre village gaulois. En écoutant néanmoins André Edern, le directeur d’Agrival, on attendra peut-être avant de mouliner de l’avant-bras. Si sa production repose sur les algues vertes qui arrivent sur nos plages, il voit plus loin :

« Nous sommes comme les Bretons en général, nous espérons également que les quantités d’algues vertes échouées diminuent. C’est pour cela que nous travaillons à une culture de l’algue à terre, dans des bassins et sous des serres. Les futurs plans anti-algues vertes prévoient une disparition des algues vertes en Bretagne pour 2027. Nous serons alors en phase par rapport à ce que nous produisons à terre ».

Réactions immunitaires chez les animaux et les végétaux

Car au de-là de la discussion sur la présence souvent invasive de l’algue verte, c’est la question de ses qualités qui mérite d’être posée. « Comme les algues en général, les algues vertes sont riches en sucres sulfatés (qui lorsqu’ils fermentent donnent le fameux hydrogène sulfuré toxique). Or, ces sucres sulfatés développent des réactions immunitaires chez les animaux et les végétaux.

Et l’homme ? « L’algue est un aliment reconnu en Asie, à qui l’on prête certaines vertus. Chez Agrival, nous avons commencer à travailler dessus ». C’est notamment le cas avec Agrolife, un consortium breton constitué de la PME Amadéite (Olmix), de trois ETI – la coopérative agricole SICA Saint-Pol-de-Léon (Agrival est une filiale), SPF Diana et Triballat Noyal – et deux partenaires académiques, l’ANSES et le CNRS . « Notre objectif dans ce cadre est d’identifier et tester des molécules issus des algues vertes, mais également des algues rouges et brunes, en nutrition et nutrition-santé animale et humaine ». Et ainsi mettre une fois de plus en avant les vertus des algues.

Julien Perez
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