Agriculture. Et maintenant les mouches

Aurons-nous, avant la fin de l’année, des pluies de grenouilles ou des nuées de sauterelles ? Au point où en est l’agriculture française en cette année 2016, on peut s’attendre à tout. Car voilà maintenant que ce sont les mouches qui viennent s’ajouter au palmarès des calamités de cette année 2016. Elles affectent le maïs et touchent environ 20% des 450.000 hectares cultivés en Bretagne où les rendements vont chuter fortement en raison des pontes de la « geomyza tripunctata » (trois points sur les ailes), cette tueuse de bourgeons qui a proliféré au printemps. La raison est probablement à chercher du côté d’un hiver trop mollasson qui n’a pas joué son rôle d’insecticide naturel. Les températures ne sont pas descendues assez bas pour l’effet tue-mouches et le fourrage risque donc de manquer dans nombre d’exploitations.

Décidément, 2016 sera vraiment une annus horribilis pour la grande ferme française qui aura pris des soufflantes de tous les côtés. La surproduction qui tire le lait vers le bas et met des des dizaines de milliers d’agriculteurs dans la mouise. L’augmentation du cheptel européen lié à la libération des quotas qui crée un encombrement sur la viande bovine et une chute des cours. Les céréales qui partent à vau-l’eau à cause des inondations du printemps et font perdre à la France sa place de premier exportateur européen de blé. Les fruits et légumes qui souffrent eux aussi d’un printemps trop humide. Jusqu’au miel qui va également connaître un millésime catastrophique pour les mêmes raisons. Dans ce panorama dévasté, seul le porc a réussi un redressement aussi inattendu que spectaculaire grâce à un appel d’air venu de Chine pour des raisons essentiellement sanitaires.

Le gouvernement, réduit au rôle de pompier, essaie d’écoper. Et la FNSEA met la contestation sur le mode pause pour essayer de monter un plan de’ secours avec quelques solutions alternatives passant eventuellement par des reconversions ou des pré-retraites. Le syndicat devrait prochainement en dévoiler les grandes lignes.

Reste à savoir l’impact que cette année calamiteuse aura sur les vocations en agriculture et les effectifs de l’enseignement agricole. Ces dernières années, malgré un contexte morose, la tendance était plutôt bien orientée.

René Perez
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